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Etrange : les coquilles d’œufs protègent les pêchers de la maladie

8 octobre 2016 / Christine Laurent (Reporterre)



Un fruit a poussé sur le jeune pêcher du jardin sans pétrole, pourtant malade d’un champignon. Comment le protéger sans recourir à la bouillie bordelaise ? Un moyen étrange mais efficace est de recourir à des coquilles d’œuf.

Une pêche sur le pêcher, nous n’y pensions plus ! Il est vrai qu’avec la chaleur estivale, le champignon responsable de la cloque semble avoir pris ses cliques et ses claques. Mais on ne se débarrasse pas si facilement de Taphrina deformans. Celui-ci passe l’hiver à l’état de spores sur les bourgeons et les replis des rameaux. Avec le réchauffement climatique et les hivers doux, notre pêcher n’a aucune chance de s’en débarrasser tout seul. Une température supérieure à 7 °C et un temps humide suffisent à ce champignon pour proliférer dans les bourgeons et attaquer les feuilles à peine écloses, qui, alors, se contorsionnent et rougissent de colère. Trop tard pour intervenir !

Notre jeune pêcher a poussé dans le jardin à partir d’un noyau lancé par un promeneur. Comme la plupart des variétés de pêchers sont autofertiles, il n’y a pas besoin de la proximité d’un autre pêcher pour avoir des fruits. Nous l’avons identifié au printemps 2015 à cause de ces feuilles malades. Âgé d’à peine cinq ou six ans, survivra-t-il à une troisième attaque ?

De l’ail en décoction

Le remède bio le plus souvent conseillé est le traitement à la bouillie bordelaise, que je n’affectionne guère à cause de l’accumulation du cuivre dans le sol, lequel nuirait à la vie organique que nous tentons d’installer. Rien n’est perdu pour autant. Plusieurs soins peuvent aider notre fruitier à retrouver la forme. D’abord, ramasser les feuilles tombées à son pied cet automne. Puis l’assainir en badigeonnant le tronc et les rameaux avec de l’argile avant l’arrivée des frimas. Ensuite, avant l’éclosion printanière, une méthode assez mystérieuse dans son action consiste à suspendre dans l’arbre des coquilles d’œufs ! Les adeptes conseillent de prendre des coquilles crues pour bénéficier d’un élément mal identifié, mais actif contre le champignon, que la poule produirait pour protéger sa progéniture.

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Le jardin dans la lumière du début de l’automne.

Les avis des jardiniers sont partagés sur l’efficacité de ce remède et nous gardons plutôt les coquilles d’œufs pour barrer la route aux limaces. Pour autant, si elles peuvent tenir à distance l’affreux champignon, suspendons des filets de coquilles dans les branches ! Nous utiliserons aussi de l’ail en décoction pour aider notre pêcher à se défendre. Car l’ail contient des oligoéléments très utiles pour renforcer les plantes comme le cuivre, le zinc, le soufre, le calcium, le potassium, le magnésium, le phosphore et a des propriétés antiseptiques et antifongiques et vermifuges chez l’homme. Alors, pourquoi pas aussi pour notre pêcher ?




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Source : Christine Laurent pour Reporterre

Photos : © Christine Laurent/Reporterre

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