Extinction Rebellion tire le bilan de sa semaine d’action à Paris

Durée de lecture : 4 minutes

24 octobre 2019



Dans un communiqué de presse envoyé mercredi 24 octobre, Extinction Rebellion France tire le bilan de la semaine d’actions en France commencé le 5 octobre, et répond aux critiques qui lui ont été adressées. Il annonce qu’il ira chercher les limites du "laisser faire" du gouvernement à son égard. Voici le texte :

« Extinction Rebellion a réalisé sa première action à Londres il y a moins d’un an. En France, nous nous sommes déclarés en rébellion il y a à peine 6 mois. Le 28 juin, lors de l’intervention des FDO sur le pont de Sully, les média parlaient d’un « groupe de militants », sans préciser qui nous étions, ni ce que nous voulions.

Aujourd’hui, Extinction Rebellion est identifié par la population, les média et les politiques comme un mouvement qui demande aux gouvernements, aux puissances économiques et aux média de « dire la vérité » sur l’extinction de masse qui nous menace.

Après notre semaine de rébellion du 5 au 12 octobre, nous voulons faire un premier bilan dans le but d’en tirer les leçons nécessaires pour évaluer notre stratégie et nous remettre en question.

Tentative « d’invisibilisation »

Répression sur le pont de Sully, indifférence à 100 m de la Préfecture de Police… Au cours de cette période de rébellion, le gouvernement semble avoir choisi une stratégie du “laisser-faire”, sans doute pour neutraliser notre combativité et éviter le retour médiatique négatif inhérent à la répression d’un mouvement non-violent.

En n’intervenant pas, le gouvernement ne nous reconnait pas, tente de rendre invisibles nos actions, et surtout évite la confrontation sur le fond : l’effondrement de la biodiversité, la neutralité carbone et la démocratie directe. Avec cette absence de réaction, le gouvernement joue aussi le jeu de la division : nous autoriser à faire ce qu’il refuse à d’autres est en effet un moyen d’instiller de la défiance et d’entretenir les divisions entre les luttes sociales et écologiques en cours. Ce qui peut paraitre une manoeuvre habile est en fait une tactique intenable dans la durée.

Nos prochaines actions iront chercher les limites de ce “laisser-faire” pour confronter le gouvernement et les responsables économiques au message du consensus scientifique mondial (GIEC et IPBES) : l’urgence est absolue ! Ce qui est en jeu c’est notre possible extinction.

Non partisan, mais politique

Après la double audace (tactique et politique) de l’action à Italie 2, l’occupation place du Châtelet est apparue à certains comme moins politique. Gardons cependant en mémoire que nous avons soustrait le coeur de Paris au pouvoir institutionnel pour y faire vivre une alternative : la démocratie directe. Pendant 5 jours, c’est Extinction Rébellion qui a entretenu l’espace public et a su montrer qu’une organisation plus autonome de notre vie commune était possible. Pendant 5 jours, au rythme des AG, nous avons proposé des cuisines collectives ouvertes à tou.te.s, des formations, des lieux d’échanges et de prise de parole.

Perspectives…

Suite à cette semaine d’actions, le mouvement va passer par une phase de bilan afin de réfléchir à la stratégie qu’il souhaite mettre en place.

L’action du 12 octobre devant l’Assemblée nationale, qui n’a pas pu se dérouler comme nous l’avions rêvée, nous encourage à aller plus loin dans l’interpellation des lieux de pouvoir. Nous reviendrons donc plus fort.e.s, plus nombreux.es et mieux préparé.e.s dans les différents lieux de pouvoir qui refusent depuis trop longtemps de reconnaître et de réellement prendre en compte l’urgence écologique à laquelle nous sommes confronté.e.s.

Nous appelons aussi à enrichir et resserrer les liens entre scientifiques et activistes. Lors de notre action « Demain, tous migrants », François Gemenne (membre du GIEC) est venu faire une intervention remarquée rue de Rivoli. Nous souhaitons continuer à inviter les chercheurs à venir nourrir le débat sur le terrain ! Notre premier objectif allant dans ce sens serait de mieux faire connaître l’IPBES et ses conclusions.

Enfin, nous sommes convaincu.e.s que face aux crises à venir, notre plus grande force sera d’être capables de parler et d’agir avec d’autres. Apprenons à nous connaitre et à construire ensemble l’avenir que nous souhaitons. Notre résilience se situe dans notre capacité à agir au delà de nos différences. Nous sommes ouvert.e.s au dialogue avec tous les mouvements qui entendent lutter pour la justice écologique et sociale. Et nous souhaitons qu’Extinction Rebellion permette à toutes et tous de se sentir légitimes pour organiser des actions. L’objectif de ces actions est d’impulser une transformation de notre société pour protéger le vivant et de contester les structures de domination qui le détruisent. »

- Source : Courriel à Reporterre

- Photo : Action le 12 octobre à l’Assemblée nationale (© NnoMan/Reporterre)





Lire aussi : Extinction Rebellion, peu politique ? « Nous avons occupé le centre de Paris pendant cinq jours ! »


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