France Télévisions ferme son média écolo, pour mieux couvrir les JO
La page d'accueil de Nowu mentionne désormais sa fermeture prochaine, avec un article recommandant à leur jeune lectorat d'autres sources d'informations sur l'écologie. Nos confrères et consœurs ont la classe d'y mentionner Reporterre. - Capture d'écran nowuproject.eu/fr
La page d'accueil de Nowu mentionne désormais sa fermeture prochaine, avec un article recommandant à leur jeune lectorat d'autres sources d'informations sur l'écologie. Nos confrères et consœurs ont la classe d'y mentionner Reporterre. - Capture d'écran nowuproject.eu/fr
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Le 31 décembre, l’humeur ne sera pas à la fête chez France Télévisions. Du moins, pas pour tout le monde. Le média écolo du groupe, créé il y a deux ans et baptisé Nowu, fermera définitivement ses portes à cette date. Si la direction met en avant des audiences peu convaincantes, une enquête de Mediapart publiée le 20 décembre dévoile une toute autre raison : Nowu aurait été sacrifié pour libérer du budget pour la couverture des Jeux olympiques 2024.
Le média d’investigation a pu consulter un document interne, rédigé par les équipes marketing et validé par la direction. Celui-ci détaille les éléments de langage à utiliser pour répondre aux interrogations de jeunes lecteurs de Nowu : « Attention, on ne fait pas de lien direct entre les JO et l’arrêt du média », prévient la note.
Quelques jours avant l’annonce, plusieurs salariés avaient pourtant obtenu la garantie d’être reconduits pour l’année 2024. Un futur stagiaire venait par ailleurs d’être recruté, et devait commencer au 1ᵉʳ janvier.
« Les journalistes de Nowu sont laissés sur le carreau et le groupe s’en lave les mains »
Désormais, les vingt salariés de Nowu sont sous la menace d’un licenciement. Tous sont employés par des prestataires extérieurs : « [Cette sous-traitance] permet à France Télévisions de tout couper lorsqu’ils décident de fermer le robinet, dénonce à Mediapart Antoine Chuzeville, journaliste du groupe et délégué syndical SNJ. Les journalistes de Nowu sont laissés sur le carreau, sans emploi, et le groupe s’en lave les mains. »
Au-delà des possibles licenciements à venir, cet arbitrage budgétaire va à l’encontre même du discours tenu par Delphine Ernotte, la PDG de France Télévisions, il y a six mois. Celle-ci assurait alors, qu’en dépit de l’actualité sportive, les priorités de son mandat restaient inchangées. À savoir : la jeunesse et le climat.