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Politique

Fréjus repart avec David Rachline, maire d’extrême droite qui bétonne à tout-va

David Rachline lors d'une conférence de presse dans le Var en 2022.

Municipales — À Fréjus, David Rachline a été réélu dès le premier tour. En douze ans à la tête de la ville, le maire d’extrême droite a mené une politique de grands projets urbains au prix d’une artificialisation des sols galopante.

Le maire d’extrême droite David Rachline a été réélu dès le premier tour le 15 mars, selon les premières estimations. L’élu, parti sans le soutien du Rassemblement national [1], repart pour un troisième mandat à la tête de la ville. Les deux précédents avaient été marqués par une intense politique de bétonisation.

En moins d’une dizaine d’années, le quartier pavillonnaire de Fréjus-Plage — populaire et loin du centre historique — a été totalement bouleversé. En 2016, deux ans après son arrivée à la tête de la ville, David Rachline a passé une modification du plan local d’urbanisme (PLU) du quartier autorisant la construction d’immeubles de 19 m de haut, jusqu’à la limite de la parcelle. Une arme de densification massive, de « bunkerisation » pour Daniel Truong, du Comité de défense de Fréjus-Plage, interrogé par Reporterre en amont des élections municipales. Entre 2017 et 2018, l’artificialisation des sols de la commune a augmenté de 300 %.

Appétit des promoteurs immobiliers

« On ne construit pas pour les gens de Fréjus, on construit pour les investisseurs, les résidences secondaires, etc. Ce faisant vous montez les prix. Et les gens de Fréjus, ceux qui travaillent ici, qui sont retraités aussi, ne peuvent plus rester là. Ils sont obligés de partir en périphérie », constate l’ingénieur civil retraité.

Car en parallèle, la ville construit à tout-va de nouvelles habitations à La Palud, zone industrielle, et au Caïs-Capitou au nord de la ville. D’ici 2028, 1 200 nouveaux logements seront livrés dans ces quartiers.

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Face à ces constructions exponentielles, David Rachline a quelque peu fait machine arrière. En 2019, une nouvelle modification du PLU a ramené la hauteur de construction à Fréjus-Plage à 9 m de haut. Trop tard, le mal était fait, et cela n’a pas freiné l’appétit des promoteurs immobiliers. « 25 maisons et jardins ont été détruits ces trois dernières années, cela continue, et il n’y a eu aucune compensation écologique. Aucune », regrette Daniel Truong.

Hôtel de luxe et aquarium géant

La réélection de David Rachline pourrait aussi l’amener à la conclusion d’un projet qu’il porte depuis 2016 : la construction d’un hôtel de luxe sur la base nature de Fréjus.

Cette ancienne base aéronavale de 135 ha est, depuis 1995, un immense parc public. Lieu de balade et de détente, elle accueille des terrains de sport, un skatepark, et 85 ha de nature protégée. À l’entrée, côté ville, trois vieux hangars proches de la mer accueillent les services techniques municipaux.

Ces bâtiments, David Rachline a souhaité dès le début de son premier mandat les transformer en hôtel de luxe, aquarium géant et boîte de nuit. En modifié le PLU, il a rendu urbanisables ces 30 000 m2 de zone d’équipements publics, contre l’avis de l’État, du commissaire enquêteur, de l’enquête publique, et malgré une pétition recueillant plus de 60 000 signatures. Après quelques déboires, plusieurs projets de complexes hôteliers ont été déposés. La mairie a depuis tranché en choisissant Crédit agricole promotion pour un projet d’ouverture début 2030.

De son côté, l’opposition dénonce un manque de concertation et s’interroge sur les conditions d’attribution du marché. Daniel Truong, du Comité de défense, craint lui la privatisation de la plage publique qui borde le terrain du futur hôtel, et un grignotage progressif de cet écrin de verdure.

Contacté en amont du premier tour, le maire de Fréjus n’avait pas répondu à Reporterre.



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