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En brefClimat

Guerre à Gaza : 300 000 tonnes de CO2 relâchées dans l’atmosphère

Des Palestiniens inspectent les dégâts à la suite d'une frappe aérienne israélienne dans la ville de Gaza, le 9 octobre 2023.

La guerre à Gaza est une catastrophe pour l’humanité. Elle fait également des ravages sur le plan environnemental, révèle une étude menée par des chercheurs issus notamment des universités de Lancaster et Queen Mary de Londres, relayée par The Guardian et Libération.

Selon cette analyse — qui n’a, pour le moment, pas encore été relue par des pairs —, les soixante premiers jours du conflit ont généré 281 000 tonnes de dioxyde de carbone dans l’atmosphère. Cela correspond à l’empreinte carbone annuelle de plus de vingt pays en voie de développement.

Afin de parvenir à ce résultat, les chercheurs ont évalué l’empreinte carbone des missions aériennes, de l’utilisation des tanks et véhicules militaires, ainsi que de la fabrication et de l’explosion des bombes, roquettes et autres artilleries.

Plus de 99 % des émissions générées par le conflit sont attribuables aux frappes aériennes et à l’invasion terrestre de la bande de Gaza par l’armée israélienne, selon les chercheurs. En deux mois, Tsahal a émis dans l’atmosphère une quantité de CO2 équivalente à celle générée par la combustion de 150 000 tonnes de charbon. Les roquettes du Hamas ont quant à elles émis autour de 713 tonnes de CO2 , ce qui correspond à la combustion d’approximativement 300 tonnes de charbon.

Les États-Unis sont responsables d’une part notable des émissions de CO2 causées par ce conflit : près de la moitié des émissions attribuées à Israël seraient imputables aux avions-cargos étasuniens. La centaine de vols qu’ils ont réalisée pour fournir des équipements militaires à l’État hébreu serait responsable du rejet de 133 000 tonnes de dioxyde de carbone dans l’atmosphère.

Selon les chercheurs, ces premiers résultats pourraient n’être qu’un « aperçu » de l’empreinte environnementale réelle de cette guerre. Une grande partie des terres agricoles et des infrastructures d’énergie et d’eau de l’enclave palestinienne ont été détruites. De nombreuses substances toxiques ont également été disséminées dans l’environnement et risquent de polluer durablement le territoire, souligne Benjamin Neimark, l’un des auteurs, dans les colonnes du Guardian.

« Les conflits armés poussent l’humanité encore plus près du précipice de la catastrophe climatique, réagit David Boyd, rapporteur spécial des Nations unies pour les droits de l’Homme et l’environnement. Ils constituent une manière absurde de dépenser notre budget carbone qui se réduit comme peau de chagrin. »

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