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En bref — Énergie

« Il faut rénover » : la solution face à la hausse des prix de l’énergie

Environ 6 millions de personnes ont commencé à recevoir, lundi 13 décembre, le chèque énergie promis par le gouvernement pour atténuer la hausse des prix de l’énergie. Destiné aux ménages les plus modestes, il doit permettre de payer les factures d’électricité, de gaz, de fioul domestique ou de bois. Cette rallonge de 100 euros vient s’ajouter au chèque reçu au printemps dernier, de 150 euros en moyenne. 

En plus de ce coup de pouce, le gouvernement a annoncé, fin septembre, une limitation de la hausse des tarifs de l’électricité et du gaz. Baptisé « bouclier tarifaire », le tout est censé « protéger le pouvoir d’achat des Français », alors que la facture de gaz pourrait grimper de 500 euros cet hiver, et que le prix des carburants devrait augmenter de 33 %. « Cette réponse du gouvernement reflète une mesure improvisée et vaine de contrôle des prix, critique Jean-Baptiste Brun, directeur du Réseau pour la transition énergétique (Cler). Ce sont des effets d’annonce, qui ne résoudront pas les causes profondes de la précarité énergétique. »

12 millions de personnes ont froid chez elles en France ou peinent à payer leurs factures d’énergie, soit 1 Français sur 5. En cause : des logements mal isolés, inchauffables ; des ménages aux petits revenus ; et des prix de l’énergie qui tendent à croître. « Concrètement, ce sont des familles ou des retraités qui renoncent à se chauffer, qui vivent à 10 ou 12° C., qui n’invitent plus d’amis chez eux, qui ont des problèmes de santé, qui angoissent de ne pas pouvoir payer leurs factures », décrit Jean Merckaert, du Secours catholique. 5,6 millions de foyers seraient concernés, un chiffre qui stagne depuis plusieurs années, selon l’Observatoire national de la précarité énergétique. « Les politiques publiques ont jusqu’ici échoué à s’attaquer au problème », tance M. Merckaert.

« Il faut rénover »

Le Secours catholique comme le Cler font partie de l’initiative Rénovons, qui regroupe des associations sociales et environnementales pour soutenir la rénovation des bâtiments. Lundi 13 décembre, ce collectif présentait son « bouclier énergie ». Principale proposition, la forte revalorisation du chèque énergie, « à hauteur de 700 euros pour les 3,5 millions de ménages qui sont les plus en difficulté ». Outre cette mesure d’urgence, les associations préconisent un accompagnement de la rénovation, afin de réduire très significativement la consommation d’énergie des bâtiments. « Ces mesures permettront des économies sur les factures pouvant atteindre 1 100 euros par an, et encouragent le développement de centaines de milliers d’emplois », indiquent-elles dans un communiqué.

Parmi la dizaine de préconisations, l’obligation de rénover à partir de 2030. « Cela signifie qu’on ne pourrait plus vendre ou louer un logement de classe G ou F », explique Jean-Baptiste Brun. La loi Climat et résilience prévoit déjà d’interdire la location d’habitats trop énergivores, mais « sans aller assez loin », d’après Jean Merckaert : « Il faut que les locataires portent plainte contre leurs propriétaires afin de les obliger à faire des travaux, ce que très peu vont faire. » Le bouclier énergie propose ainsi une médiation, un soutien financier conséquent et un suivi des propriétaires.

Lire aussi : Rénovation énergétique : une décennie de perdue

Essentiel, le sujet reste pour autant sous les radars médiatiques. Aucun candidat à la présidentielle n’a clairement abordé la question. « On nous parle nucléaire et énergies renouvelables, mais jamais efficacité énergétique, déplore Hélène Macela-Gouin, de la Fondation Schneider Electric, membre de l’initiative Rénovons. Pourtant, tous les scénarios sur notre avenir énergétique nous disent qu’il faudra réduire notre consommation, d’au moins 40 % à horizon 2050. » Or pour tenir ces objectifs, il n’y a pas trente-six solutions : « Il faut rénover, à un haut niveau de performance, 90 % du parc de logements », souligne Danyel Dubreuil, porte-parole de Rénovons. Les associations espèrent donc que leurs propositions seront reprises lors de la campagne électorale.

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