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Emploi et travail

Il n’y a pas à choisir entre emploi et écologie, selon un collectif d’ONG et de syndicats

Licenciements interdits en cas de profit, semaine de 32 heures… Dans un rapport, le collectif d’associations et de syndicats Plus jamais ça ! multiplie les propositions pour allier les enjeux sociaux et environnementaux. Car relever les défis écologistes ne peut se faire qu’« en garantissant la réduction des inégalités sociales ».

« Pas d’emploi sur une planète morte. » C’est le constat du collectif Plus jamais ça !, qui regroupe des ONG et des syndicats [1]. Dans un rapport publié vendredi 7 mai, il rappelle l’urgence de réformes ambitieuses sur les plans social et environnemental. Car relever les défis écologistes ne peut se faire qu’« en garantissant la réduction des inégalités sociales, l’emploi et une redistribution des richesses ».

« À travers la question de l’emploi, nous arrivons à donner corps à l’articulation “fin du monde et fin du mois”, explique à Reporterre Julien Rivoire, membre du bureau d’Attac France et coauteur du rapport. Il faut contrecarrer le récit d’une écologie punitive, porté par La République en marche et par Les Républicains. La transition écologique peut être source de mieux-être et d’amélioration sociale. » Il continue : « Face aux logiques conservatrices, il faut créer un bloc social le plus large possible et pour cela, allier les préoccupations sociales et écologiques. »

Lire le rapport « Pas d’emploi sur une planète morte ».

Les conservateurs répètent en boucle la nécessité de la croissance et opposent écologie et création d’emplois. Mais pourquoi faudrait-il choisir ?, rétorque le collectif. L’Organisation internationale du travail assurait en 2012 que la transition écologique pouvait permettre de créer entre quinze millions et soixante millions d’emplois d’ici 2030. Dans un rapport publié en décembre 2020, le Programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue) indique, lui, que les plans de relance, s’ils sont orientés vers la transition, peuvent être une occasion inédite.

Samedi 16 mars, à Paris, lors de la « marche du siècle » pour le climat.

« Le plan de relance, c’est 100 milliards d’euros. Mais seulement 28 milliards contribuent à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Le reste des investissements annule les effets positifs, voire augmente les émissions actuelles », détaille Julien Rivoire. Le collectif propose donc d’orienter les plans de relance. « La dynamique de création d’emplois-climat doit fortement s’accélérer pour s’aligner sur les recommandations du Giec [Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat], l’objectif européen d’au moins 55 % de baisse des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030, et la nécessité de réduire les émissions de 7 % par an », affirme le rapport de Plus jamais ça ! Ses auteurs recommandent de conditionner les aides publiques aux entreprises à des engagements sociaux et environnementaux, ainsi que des investissements massifs vers les secteurs de la transition et la création d’emplois publics.

La semaine de 32 heures et une hausse du Smic

Le deuxième axe du rapport concerne le volet social : le collectif propose notamment d’interdire les licenciements dans les entreprises qui font du profit. « La distribution de dividendes doit être un des motifs d’interdiction des licenciements boursiers, du donneur d’ordre général jusqu’au bout de la chaîne de sous-traitance qui dépend de lui, y compris à l’international ». Selon l’Observatoire des multinationales, malgré des résultats en chute de 55 %, les entreprises du CAC 40 sont sur le point de verser 51 milliards d’euros de dividendes à leurs actionnaires.

Autres revendications : la semaine de 32 heures, « sans perte de salaire ni flexibilisation », une hausse du Smic [2] et la fixation d’un salaire maximum. L’objectif étant de définir un écart maximum entre le plus haut salaire et le salaire minimum. « On n’a pas encore décidé si cet écart doit être de 1 à 3, de 1 à 10 ou de 1 à 15. Mais on souhaite ouvrir le débat sur la nécessité d’agir contre les inégalités par la fiscalité et la redistribution via les salaires », dit Julien Rivoire. Le collectif souhaite également soutenir les expériences de gestion démocratique dans les entreprises.

Plus jamais ça ! demande enfin de « stopper la dérégulation du commerce international et des traités de libre-échange », de partager les connaissances entre États et de mutualiser les brevets. Pour financer cette « rupture sociale et écologique », il propose d’instaurer une fiscalité progressive et de taxer les transactions financières.

Si certains points, comme l’utilité du nucléaire ou le financement d’une sécurité sociale professionnelle, ne sont pas encore finalisés, Julien Rivoire souhaite que ce rapport soit « une contribution au débat public, mais aussi une ouverture des discussions entre militants. On assume que toutes les questions ne soient pas abouties ».

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