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Inondations

Inondations en Afrique du Sud : des centaines de morts et de disparus

Des habitants aident les secours à dégager les débris des habitations détruites par les inondations et cherchent les personnes portées disparues.

Près de 400 personnes ont perdu la vie dans des inondations qui ont ravagé l’est de l’Afrique du Sud ces derniers jours. De nombreuses personnes sont encore portées disparues alors que de nouvelles pluies sont attendues durant le weekend de Pâques.

Johannesburg (Afrique du Sud), correspondance

Des milliers de maisons détruites, des ponts effondrés, des centres commerciaux ravagés, des routes submergées, des voitures emportées par les eaux… En Afrique du Sud, près de 400 personnes sont mortes dans des inondations qui ont ravagé la ville portuaire de Durban et ses environs. Le bilan reste provisoire. Car les opérations de sauvetage se poursuivent, et des dizaines de personnes, parfois des familles entières, sont toujours portées disparues.

L’institut météorologique national a affirmé que ces inondations l’ont pris par surprise et que la quantité de pluies était « de l’ordre de celles normalement associées aux cyclones tropicaux ». En 48 heures, certaines parties de la province du KwaZulu-Natal, qui comprend la ville de Durban, ont enregistré presque l’équivalent de leurs précipitations annuelles moyennes, un niveau qui n’avait pas été atteint depuis plus de 60 ans, selon l’institut.

« Cela nous indique que le changement climatique est grave »

Ce mercredi, le président Cyril Ramaphosa a évoqué « une catastrophe aux proportions énormes ». « Cela nous indique que le changement climatique est grave, a-t-il déclaré, alors qu’il visitait la zone inondée. Nous ne pouvons plus repousser les mesures que nous devons prendre pour (y) faire face. » Mais des voix s’élèvent pour également mettre en cause la mauvaise gestion des infrastructures, un système de drainage inefficace, mal entretenu et encombré d’ordures, et des maisons précaires, construites dans les zones basses de cette région vallonnée.

« Un grand nombre de personnes ont perdu leur maison et tous leurs biens. Elles sont maintenant totalement démunies », a déclaré Abahlali baseMjondolo, un mouvement de soutien aux communautés vivant dans des habitats informels, qui note que les plus pauvres ont aussi été les plus touchés par la catastrophe naturelle. Beaucoup sont encore recherchés par leurs proches. « Lorsque des membres de la communauté ont vu Ngaleka pour la dernière fois, il s’accrochait désespérément à un bout de tuyauterie, alors que les eaux ont déferlé […]. La mère de Ngaleka, Nkosazane, et ses deux enfants, Sikelelwe (10 ans) et Yamkela (11 ans), ont également été emportés », écrit par exemple le journal sud-africain en ligne Daily Maverick.

Des polluants déversés dans la rivière

À Durban, des scènes de destruction sont encore visibles partout. Des glissements de terrain ont laissé de géantes fractures dans la terre et enseveli des maisons de tôle et leurs habitants. Des routes ont été emportées, d’autres sont impraticables, après que la rivière en crue y a laissé de la boue et des débris. Les violentes intempéries ont provoqué un effondrement des conteneurs stockés dans le port, l’un des plus fréquentés d’Afrique, qui a dû interrompre ses activités. Elles ont aussi entraîné des coupures d’électricité et perturbé l’approvisionnement en eau.

Par ailleurs, la municipalité a annoncé que le barrage construit pour atténuer la pollution de l’usine de produits chimiques de l’entreprise United Phosphorus Limited avait débordé. Insecticides, pesticides et raticides se sont déversés dans la rivière Umhlanga, le principal cours d’eau de la région.

De nouvelles précipitations attendues

Des pillages sporadiques de camions et d’entrepôts ont eu lieu, alors que la province se relève à peine des dégâts causés par les émeutes de juillet 2021, les pires violences dans le pays depuis la fin de l’apartheid, à l’origine déclenchées par l’incarcération de l’ex-président Jacob Zuma.

Plus d’une centaine d’écoles ont été détruites, et au moins une dizaine d’élèves tués. « C’est une catastrophe et les dégâts sont sans précédent, a déclaré la ministre de l’Éducation, Angie Motshekga. Ce qui est encore plus inquiétant, c’est que davantage de pluie est attendue dans les zones qui sont déjà touchées. » Selon les prévisions météorologiques, l’Afrique du Sud devrait recevoir de fortes pluies et des vents violents dans les prochains jours, entraînant à nouveau un risque d’inondations, au cours du week-end de Pâques.

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