« J’ai constaté que les myrtilles de Tchernobyl étaient proches de mon petit-déjeuner »
L'historienne et professeure universitaire étasunienne Kate Brown, autrice de Tchernobyl par la preuve : vivre avec le désastre et après. - © Annette Hornischer
L'historienne et professeure universitaire étasunienne Kate Brown, autrice de Tchernobyl par la preuve : vivre avec le désastre et après. - © Annette Hornischer
Durée de lecture : 17 minutes
Que vaut une zone d’exclusion quand la radioactivité déforme l’espace et le temps, que les isotopes voyagent, s’accumulent ? 40 ans après Tchernobyl, l’historienne Kate Brown raconte ce qu’un accident nucléaire implique.
Un article en partenariat avec « Terrestres », la revue des écologies radicales, où est publiée une version longue de cet entretien.
La contamination nucléaire se joue de l’espace et du temps. Du moins, tels que nous les mesurons. C’est ce que développe l’historienne étasunienne Kate Brown, professeure d’histoire au MIT et autrice de Tchernobyl par la preuve — Vivre avec le désastre et après (2021, Actes Sud), interrogée à l’occasion du 40e anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl, le 26 avril 1986.
En exploitant des archives régionales qui n’avaient jamais été dépouillées, l’historienne raconte ce qu’un accident nucléaire implique : une gestion à l’aveugle face à des processus chimico-physiques échappant aux collectes de données classiques, des mensonges visant à masquer à la fois ce qui est su et ce qui est ignoré, des pollutions qui résistent aux schémas rassurants de gestion de crise, des contaminations qui s’accumulent au cours du temps et circulent très loin, des corps exposés qui souffrent en silence, et enfin des citoyens-enquêteurs qui bâtissent des contre-savoirs essentiels pour mettre fin à ce silence.
Nassima Abdelghafour et Martin Denoun — Depuis ses débuts, l’industrie nucléaire produit un discours public qui insiste sur le confinement de l’activité nucléaire dans des espaces clos et contrôlés. Vos travaux montrent que ce confinement est mis en échec...
Kate Brown — J’étais dans une épicerie haut de gamme, à Washington D.C., la tête dans un congélateur, un compteur Geiger à la main. Je passais le compteur au-dessus d’un sac de myrtilles sauvages surgelées en réfléchissant à cette affaire de confinement de la contamination nucléaire. J’avais remarqué lors d’un séjour dans le nord de l’Ukraine — je travaillais sur les effets de Tchernobyl — que des milliers de personnes sortaient de forêts marécageuses autour de Tchernobyl avec des paniers plein de myrtilles à la main. Ils les vendaient à des acheteurs qui attendaient dans des camions le long de la route. L’échelle industrielle de cette cueillette m’a intriguée.
Avec mon assistante de recherche, Olha Martynyk, nous sommes aussi allées à la cueillette. Nous avons apporté nos myrtilles dans l’entrepôt où une grossiste achetait les myrtilles apportées par les camions que nous avions vus. Chaque myrtille qu’elle testait était radioactive, certaines bien au-delà du seuil de 450 becquerels (Bq) le kilo, en vigueur en Ukraine, mais elle a tout acheté quand même.
Je me suis demandé pourquoi, jusqu’à ce que j’apprenne que la norme dans l’Union européenne et aux États-Unis est de 1 200 Bq le kilo. En mélangeant les baies dépassant le seuil avec celles restant en dessous, la grossiste pouvait légalement vendre ses baies dans l’UE, bien que certaines myrtilles testées aient atteint 3 000 Bq par kilo. Je découvrais avec étonnement cette dispersion délibérée et régulée des radiations de Tchernobyl par les marchés.
J’ai trouvé un rapport du département de la Sécurité intérieure aux États-Unis d’un camion qui avait déclenché les compteurs Geiger à la frontière avec le Canada. Qu’y avait-il dans le camion ? Des myrtilles d’Ukraine. C’est cela qui m’a menée jusqu’au congélateur du magasin, pour constater à quel point les myrtilles de Tchernobyl étaient proches de mon propre petit-déjeuner.
La vente de produits radioactifs ne relève pas d’une logique de confinement, mais de prolifération. Et elle est organisée par de nombreux acteurs qui expédient les myrtilles, airelles et champignons cueillis dans les forêts de Tchernobyl aux consommateurs et consommatrices partout dans le monde.
Il s’agit là d’une prolifération organisée délibérément. Mais que se passe-t-il dans les cas où un confinement est vraiment mis en œuvre ?
Même lorsqu’il est appliqué, le confinement n’est pas la panacée. Quelques jours après l’accident de Tchernobyl en 1986, les dirigeants soviétiques ont tracé un cercle autour de la centrale et de la ville de Pripyat, et en ont interdit l’accès. La nouvelle « zone d’exclusion » avait pour objectif de préserver les gens de la contamination radioactive, invisible et imperceptible, qui se répandait selon des trajectoires irrégulières depuis le réacteur n°4 encore en flammes.
L’évacuation qui a suivi, ainsi que les patrouilles dans la zone d’exclusion, ont sans doute sauvé des milliers de gens d’une exposition à de dangereuses doses, mais cette zone a aussi conduit à des formes d’exposition par inadvertance. Les dirigeants soviétiques ont vite appris qu’on ne pouvait pas contenir les isotopes, qui voyageaient par le vent, dans l’eau, sur les pneus des camions et les vêtements des gens.
À l’été 1986, presque tous les échantillons testés par les pouvoirs publics — lait, pain, beurre, viande, thé, produits frais — étaient contaminés. L’existence de la zone d’exclusion, vidée de ses habitants et contrôlée, couplée avec l’incapacité des dirigeants soviétiques à publier des cartes représentant de manière dynamique la diffusion de la radioactivité dans des lieux où les gens vivaient et produisaient de la nourriture, a conduit de nombreuses personnes à se croire en sécurité, à tort.
Les confinements sont donc aussi des dispositifs de contrôle de l’information ?
Tout à fait. Une bonne partie de Tchernobyl par la preuve décrit les problèmes très variés dont se plaignaient les gens auprès des médecins dans les zones contaminées autour de Tchernobyl. Au lieu des 54 victimes de Tchernobyl officiellement reconnues, le gouvernement ukrainien a fait état en 2016 de 150 000 victimes seulement pour l’Ukraine, ce qui est une estimation plus fidèle de l’impact de l’accident — la Biélorussie et la Russie, qui ont reçu 80 % de la radioactivité après l’accident, n’ont quant à elles pas produit de chiffres.
Dans les premières années après l’accident, confiner l’information et les connaissances sur les rayonnements ionisants a été le résultat le plus significatif des zones nucléaires contrôlées. Malheureusement, ni les clôtures ni les gardes n’ont pu confiner la radioactivité elle-même. Le problème n’est pas non plus contenu dans le temps. En 2017, des émissions radioactives dues à des feux dans la Forêt Rouge autour de Tchernobyl ont été détectées jusqu’en Hollande ! Le mythe du confinement est puissant et omniprésent, alors que la diffusion de la radioactivité a des conséquences qui perdurent.
Dans « Tchernobyl par la preuve », vous expliquez comment les effluents radioactifs se sont répandus, débordant le découpage par zones d’évacuation hiérarchisées en fonction de leur distance avec le réacteur explosé. La météo, la topographie et le style de vie (par exemple, la consommation de légumes du potager plutôt que d’aliments emballés) ont conduit à des niveaux de contamination parfois très élevés dans des endroits pourtant éloignés.
Les principes habituels pour se protéger des radiations et autres produits toxiques reposent sur l’espace et le temps. Les recommandations en cas d’urgence incitent les gens à se mettre à distance des sources de toxicité et à limiter la durée d’exposition. Dans les cas que j’ai étudiés, la présence de radiations déjoue les conventions de mesure du temps et de l’espace — le temps décompté en secondes, en minutes, etc., et jusqu’en années, et l’espace mesuré en mètres.
En conséquence, les scientifiques ont fini par mésinterpréter les effets des contaminants sur la santé humaine. Ils l’ont fait sans arrière-pensée, en appliquant les procédures standard de radioprotection, ou pas tout à fait innocemment, à travers leurs efforts pour rassurer les citoyens anxieux en minimisant les effets des radiations sur la santé.
Comment les produits radiotoxiques déforment-ils le temps et l’espace ?
Prenons d’abord l’espace. Un accident nucléaire se produit, et des hommes en combinaison amènent du matériel pour construire des clôtures. Ils délimitent un espace contaminé. Ces zones laissent penser, à tort, que le danger se situe d’un côté de la clôture, et la sécurité de l’autre.
Les citoyennes et citoyens vivant de l’autre côté des clôtures autour de l’usine de plutonium de Hanford aux États-Unis ou de celle de Maïak en URSS croyaient que les barrières ainsi que les procédures de sécurité exécutées religieusement à l’intérieur de la zone les protégeaient des pollutions radioactives. Et c’était le cas, dans une certaine mesure, mais les produits radiotoxiques sont dangereux pour la santé humaine parce qu’ils ne sont ni stables ni inertes. En mouvement perpétuel, ils imitent de manière opportuniste les éléments dont les organismes ont besoin pour vivre. Les plantes et les animaux se chargent de toxines radioactives et les transportent avec eux. Les isotopes radioactifs se fixent sur les molécules d’eau et de terre, se répandent au gré des courants jusque dans les tubes digestifs des mammifères. Les clôtures montées pour les retenir sont rapidement débordées. Les cartes représentant l’extension de la contamination radioactive deviennent obsolètes dans les jours qui suivent leur impression.
« Les animaux se chargent de toxines radioactives et les transportent avec eux »
Néanmoins, les scientifiques travaillant pour l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) qui ont été chargés en 1990 de déterminer l’impact de l’accident ont procédé comme si les cartes décrivant l’étendue de la contamination et les clôtures décrivaient la réalité. Ils ont mené une étude comparant des habitants de territoires « propres » et « contaminés ».
Au cours d’une mission de trois semaines, les consultants des Nations unies ont examiné 1 600 personnes. Ils ont conclu que la santé des habitants des villages contaminés comme celle des villages du groupe « de contrôle » était mauvaise et déclinante depuis l’accident de Tchernobyl, qui avait relâché près de 200 millions de curies de radiation.
Les scientifiques ont conclu que dans les villages, contaminés ou appartenant au groupe de contrôle, les gens ne souffraient pas des radiations car les doses étaient trop faibles, d’après eux, pour créer des problèmes de santé — la référence étant à ce moment-là les doses, bien supérieures, absorbées par les survivants de la bombe atomique. Les scientifiques des Nations unies ont conclu que les habitants souffraient d’anxiété, d’une mauvaise alimentation et d’une consommation excessive d’alcool.
Seulement, l’exposition aux radiations ne se réduit pas à la distance. Les gens vivant dans les zones considérées comme fortement exposées ont eu le droit à une aide gouvernementale, qui leur a permis d’acheter de la nourriture produite ailleurs et acheminée par des camions. Ces fermiers-là ont continué leur activité, mais au lieu de consommer la majeure partie de la nourriture produite, ils ont vendu ces denrées contaminées sur les marchés des villages voisins, supposément moins exposés, et que les scientifiques avaient assignés au groupe de contrôle. Dans ce cas, des habitants plus éloignés des zones fortement irradiées ont finalement été plus exposés que d’autres vivant plus près. La distance ne les a pas protégés.
Comment les radiations déforment-elles le temps ?
Le temps dans les zones radioactives ne s’écoule pas uniformément : il se gonfle et se contracte de manière imprévisible. Pour les pompiers et travailleurs nucléaires de Tchernobyl, qui ont vieilli prématurément en raison des radiations, le temps s’est accéléré. Dans des endroits comme la Forêt Rouge, 10 km² de pins sylvestres fortement touchés par les retombées du réacteur en flammes, le temps s’est ralenti : des arbres qui auraient dû se décomposer en quelques années étaient toujours là deux décennies plus tard, en raison du peu d’insectes et de microbes présents pour accomplir le travail de décomposition.
Une partie des faits que vous décrivez dans « Tchernobyl par la preuve » ont été mis au jour par des gens que vous appelez des « héros du quotidien ». Sans soutien institutionnel, avec leurs propres ressources et malgré les risques, elles et ils ont enquêté sur la catastrophe de Tchernobyl.
Ces héros du quotidien sont formidables ! Natalia Lozyts’ka enseignait la physique à Kiev. Elle avait accès à un compteur Geiger et avait remarqué les coups de soleil violacés et les évanouissements de ses enfants après l’accident. Elle a commencé à mesurer la radioactivité sur son paillasson et dans la cour devant chez elle. Elle a trouvé des points intensément radioactifs, et a prélevé avec une truelle de minuscules particules dont la radioactivité s’élevait à 3 milli-Roentgen par heure. Elle les a scotchées sur une feuille de papier, noté les lieux et dates des prélèvements. Elle a mesuré leur radioactivité chaque jour, et à mesure que ces particules se dégradaient, elle a pu calculer la quantité de radionucléides contenus à l’intérieur.
Confrontée à la totale absence d’information concernant la radioactivité après l’accident, elle a utilisé ces minuscules fragments radioactifs pour comprendre ce qui s’était passé, 170 km au nord de Kiev. Elle a découvert tout un spectre de radioactivité et en a déduit que le réacteur n’avait pas explosé en raison d’un dégagement de vapeur ou d’une réaction chimique, comme les autorités soviétiques l’avaient affirmé, mais qu’il s’agissait bel et bien d’une explosion nucléaire — cela n’a ensuite été confirmé qu’en 2016 par Lars Erik de Geer et son équipe, dans un laboratoire extrêmement bien équipé.
Lozyt’ska était si inquiète de sa découverte qu’elle s’est mise à mesurer la radioactivité dans des villages voisins. Les fermiers lui parlaient de leurs symptômes, troublants — maux de gorge, saignements de nez, vertiges et évanouissements. Elle a écrit aux dirigeants pour les informer de ses recherches, mais n’a reçu aucune réponse. Elle a envoyé plusieurs autres courriers, que j’ai retrouvés dans les archives. Finalement, voulant désespérément faire passer le message, elle s’est déguisée en femme de ménage et s’est introduite à la première conférence sur les conséquences sanitaires de l’accident de Tchernobyl, en mai 1988 — un spectacle organisé depuis Moscou pour rassurer le monde entier. Trois agents du KGB ont attrapé Lozyt’ska essayant de transmettre des documents à un délégué étasunien. Ils l’ont expulsée manu militari. Cela ne l’a pas dissuadée, elle a trouvé d’autres moyens de diffuser l’information.
Alexandre Komov, un autre héros rencontré dans les archives, ne parvenait pas à convaincre les autorités de Kiev que dans sa province de Rivni, pourtant éloignée de Tchernobyl, le lait était trop contaminé pour être consommé. Il a finalement chargé un camion de briques de lait et l’a conduit jusqu’à Kiev, pour que les dirigeants sceptiques le testent eux-mêmes.
Dans la ville ukrainienne de Zhytomyr, le Dr Pavel Chekrenev a découvert que l’eau rejetée par une tannerie locale était six fois plus radioactive que les seuils autorisés en cas d’urgence, pourtant élevés. Cette eau se déversait dans le réservoir d’eau potable de Zhytomyr. Il a mis la tannerie à l’arrêt et interrompu le traitement de 19 000 peaux. Il a été rétrogradé pour cela, mais il a eu gain de cause sur le fond : les peaux contaminées n’ont finalement pas été tannées, l’eau potable de la ville a été protégée, et cela a épargné aux habitants de Zhytomyr une source supplémentaire de contamination.
Les événements géopolitiques récents nous ont beaucoup fait penser à vos livres. La centrale nucléaire de Zaporijjia en Ukraine a été attaquée par l’armée russe, puis Israël et les États-Unis ont bombardé des installations nucléaires en Iran — avec des conséquences inconnues en termes de pollution radioactive. Dans le même temps, plusieurs pays, dont la France, ont annoncé un renouveau du nucléaire civil. Cette configuration vous semble-t-elle nouvelle ?
Il n’y a pas grand-chose de nouveau dans les conflits nucléarisés d’aujourd’hui, ni dans la renaissance nucléaire civile, si ce n’est l’intensification des politiques nationalistes et xénophobes qui instrumentalisent l’énergie nucléaire à des fins politiques, davantage qu’économiques. L’énergie nucléaire est 3 à 5 fois plus chère que l’énergie solaire et éolienne au kW/h. Il faut des décennies pour construire une centrale nucléaire, contre quelques semaines ou quelques mois pour installer des panneaux solaires ou des éoliennes. Ces temporalités constituent une différence critique, quand on pense à l’urgence climatique.
On a vu avec la guerre en Ukraine la vulnérabilité des installations nucléaires, qui, une fois prises par l’ennemi, peuvent être transformées en gigantesques bombes polluantes. Nous avons vu en Iran, et avant cela en Irak, comme il est facile de confondre des installations nucléaires civiles et militaires pour justifier des offensives. Pendant la guerre froide, les forces conservatrices ont adopté le nucléaire comme une promesse de puissance économique, politique et militaire. C’est toujours le cas aujourd’hui, de manière assez irrationnelle, car quiconque se soucie de souveraineté et de résilience économique comprend que les renouvelables sont moins chères, plus sûres, plus propres et plus rapides à déployer.
« On a vu avec la guerre en Ukraine la vulnérabilité des installations nucléaires »
Mais le caractère décentralisé des énergies solaires et éoliennes ouvre la voie à une décentralisation politique, c’est une des raisons pour lesquelles les États à tendance autoritaire préfèrent le nucléaire.
L’histoire de la production de la bombe nucléaire et de Tchernobyl nous a montré que les incroyables promesses écomodernistes sont précisément… incroyables. Elles laissent dans leur sillage des paysages empoisonnés, des gens malades, et des projets de dépollution qui n’en finissent pas.
L’historienne Emily Callaci a montré dans son livre Wages for Housework comment le travail de « ménage » en contexte de changement climatique et autres catastrophes anthropogéniques revient à des personnes qui l’accomplissent gratuitement : trouver le moyen de consommer une nourriture non contaminée, éviter les coins les plus pollués du quartier, prendre soin d’un enfant qui n’est jamais en pleine forme ou d’un adulte qui ne parvient pas à concevoir d’enfant… Et des années plus tard, prendre soin de proches touchés par des cancers ou des maladies chroniques.
Avec le développement de ces projets nucléaires, et la quantité croissante d’isotopes radioactifs en circulation dans le monde, nous sommes de plus en plus nombreuses et nombreux à travailler, gratuitement, comme liquidateurs nucléaires.
Retrouvez la version longue de cet entretien sur Terrestres ainsi que des extraits du livre de Kate Brown, Plutopia – Une histoire vraie des premières villes atomiques (Actes Sud).
Toutes les sources et notes de bas de page sont à retrouver dans la version longue publiée sur Terrestres.