Tchernobyl : 40 ans après, les champignons français toujours contaminés
Des pieds-de-mouton (photo d'illustration). - Flickr / CC BY-NC-SA 2.0. / gorgeoux
Des pieds-de-mouton (photo d'illustration). - Flickr / CC BY-NC-SA 2.0. / gorgeoux
Durée de lecture : 2 minutes
Quarante ans après l’accident nucléaire de Tchernobyl, la contamination radioactive est encore détectable dans les champignons ramassés en France. Telle est la conclusion de l’étude participative menée en 2025 par l’Acro, en partenariat avec l’association Les Enfants de Tchernobyl, diffusée le 31 mars.
Les associations ont lancé entre septembre et décembre 2025 une campagne participative de collecte de champignons. Ces derniers sont des bio-indicateurs sensibles au césium-137, un élément radioactif provenant de la catastrophe, qu’ils absorbent dans leurs tissus via le mycélium. 90 échantillons ont été reçus, dont 74 français et 4 ukrainiens. Les analyses montrent que 81 % des champignons français contiennent du césium-137, avec des valeurs maximales de 1320 Bq/kg sec pour les bolets en Alsace et 840 Bq/kg pour les pieds de moutons dans le Jura. Les concentrations les plus élevées sont observées dans l’est et le sud-est de la France, avec des traces mesurées également dans d’autres régions, y compris à l’ouest. Les espèces les plus accumulatrices sont les bolets, pieds de mouton et certaines russules.
Les niveaux maximaux admissibles de contamination radioactive en césium‑137 pour les aliments mis sur le marché européen sont de 370 Bq/kg pour les aliments destinés aux enfants, et de 600 Bq/kg de césium‑137 pour tous les autres aliments. Ces niveaux concernent des produits frais, alors que les champignons testés par l’Acro ont préalablement été séchés — ils restent donc a priori en-deçà des normes européennes.
Risques de cancers, de troubles cardiovasculaires...
La contamination est évidemment encore plus forte en Ukraine, ce qui représente un risque sanitaire réel pour les populations qui consomment régulièrement des produits forestiers tels que champignons, baies ou gibier.
En 2023 déjà, une étude publiée par l’American Chemical Society montrait que les sangliers de Bavière, en Allemagne, présentaient des concentrations notables de césium radioactif en provenance des accidents nucléaires et des retombées anciennes des essais atomiques.
Similaire au potassium, le césium-137 se distribue dans les muscles et les organes. Les effets à long terme d’une exposition faible à modérée sont un risque accru de cancer — principalement cancers thyroïdiens, digestifs et sanguins —, des troubles cardiovasculaires et neurologiques et un effet sur le système immunitaire.