Jardin sans pétrole - Pire que le stress hydrique, les rats taupiers

Durée de lecture : 2 minutes

13 juin 2015 / Christine Laurent (Reporterre)

La sécheresse continue, mais certaines plantes semblent développer un instinct de survie face au stress hydrique et fleurissent malgré le manque d’eau. Presque plus grave est la présence dévastatrice des rats taupiers. Machette, cheveux humains, poison... Comment s’en débarasser ?


Pas la moindre trace d’humidité dans le pluviomètre. La sécheresse se poursuit et le paillage sauve nos plants qui peu à peu s’enracinent. Heureusement, Jean-Marie a pu aller arroser mercredi ! Les feuilles du mesclun, du cresson alénois et de la roquette deviennent épaisses et les plantes elles-mêmes sont déjà en train de fleurir. Instinct de
survie de l’espèce face au stress hydrique !

Les pois gourmands peinent à monter sur les bambous, comme s’ils étaient impressionnés par la hauteur des tiges ! Nous les avons pourtant taillés en tenant compte de notre expérience de l’année dernière. Mais eux aussi souffrent du manque d’eau. Non seulement leur croissance en est ralentit mais leurs vrilles avec lesquelles ils sont censés s’enrouler sur les bambous ont perdu leur souplesse et n’accrochent plus. Nous ne récoltons qu’une petite poignée de pois sur les quelques plantes épargnées de notre premier semis... J’assouplis la terre à la grelinette avant d’arroser copieusement.

Pire que le manque d’eau

Il se passe dans le jardin un événement presque plus grave que le manque d’eau. Ce sont les rats taupiers contre l’envahissement desquels nous sommes démunis. Les premiers dégâts sur nos semis de pois n’étaient qu’un prélude. C’est maintenant officiel. Ils sont installés et le jardin est cabossé par leur présence potentiellement dévastatrice. Pour l’instant, nous voyons surtout des excroissances de terre sur les buttes et dans les allées ainsi que des trous là où nos outils fouillent la surface.

Sur le moyen de s’en débarrasser, nos avis divergent. Jean-Marie est plutôt favorable à leur élimination avec des graines empoisonnées. Je propose de les enquiquiner en mettant à sac leurs galeries avec la grelinette jusqu’à ce qu’ils déménagent. Le peu de temps que nous passons au jardin rend ma proposition inopérante. Elle se heurte aussi à la biologie de l’animal dont le taux de la reproduction me dépasse.

Les buttes, cabossées par les rats taupiers

Les pièges nécessitent aussi d’être sur place. Certains jardiniers préconisent de mettre dans les galeries des cheveux imprégnés de l’odeur de l’homme... pendant que je suis occupée à mes divagations romanesques, Jean-Marie a attrapé sa machette. Soudain, je l’entends : « Je l’ai eu ! » A ses pieds, gît un rongeur à peine plus gros qu’une souris au joli pelage caramel... J’en oublie tout net mes idées belliqueuses.


Puisque vous êtes ici…

… nous avons une faveur à vous demander. La crise écologique ne bénéficie pas d’une couverture médiatique à la hauteur de son ampleur, de sa gravité, et de son urgence. Reporterre s’est donné pour mission d’informer et d’alerter sur cet enjeu qui conditionne, selon nous, tous les autres enjeux au XXIe siècle. Pour cela, le journal produit chaque jour, grâce à une équipe de journalistes professionnels, des articles, des reportages et des enquêtes en lien avec la crise environnementale et sociale. Contrairement à de nombreux médias, Reporterre est totalement indépendant : géré par une association à but non lucratif, le journal n’a ni propriétaire ni actionnaire. Personne ne nous dicte ce que nous devons publier, et nous sommes insensibles aux pressions. Reporterre ne diffuse aucune publicité ; ainsi, nous n’avons pas à plaire à des annonceurs et nous n’incitons pas nos lecteurs à la surconsommation. Cela nous permet d’être totalement libres de nos choix éditoriaux. Tous les articles du journal sont en libre accès, car nous considérons que l’information doit être accessible à tous, sans condition de ressources. Tout cela, nous le faisons car nous pensons qu’une information fiable et transparente sur la crise environnementale et sociale est une partie de la solution.

Vous comprenez donc sans doute pourquoi nous sollicitons votre soutien. Il n’y a jamais eu autant de monde à lire Reporterre, et de plus en plus de lecteurs soutiennent le journal, mais nos revenus ne sont toutefois pas assurés. Si toutes les personnes qui lisent et apprécient nos articles contribuent financièrement, la vie du journal sera pérennisée. Même pour 1 €, vous pouvez soutenir Reporterre — et cela ne prend qu’une minute. Merci.

Soutenir Reporterre

Lire aussi : Jardin sans pétrole - C’est le temps des fraises - et pas besoin de les sucrer

Source : Christine Laurent pour Reporterre

DOSSIER    Jardin sans pétrole

14 novembre 2019
La démocratie renaîtra à l’échelle locale
13 novembre 2019
En Alsace, le village de Muttersholtz montre la voie de l’écologie
14 novembre 2019
Le mystère de la mort d’abeilles près d’un champ expérimental de Bayer-Monsanto


Dans les mêmes dossiers       Jardin sans pétrole





Du même auteur       Christine Laurent (Reporterre)