L’équilibre des espèces permet une belle floraison

2 juillet 2016 / Christine Laurent (Reporterre)



Printemps pluvieux, été joyeux : car la récolte n’a jamais été aussi abondante dans ce jardin où la biodiversité permet aux espèces de s’équilibrer.

Il a suffi d’un peu de soleil pour que le jardin reprenne des couleurs. Partout, les fleurs offrent leurs corolles blanches, orangés, bleues, mauves, violettes, roses et rouges aux insectes. On se réjouit de ce spectacle arc-en-ciel, même si la vue de certains de nos locataires nous inquiète, comme celle de ce papillon blanc avec du noir sur deux points et le bout des ailes qui traverse le ciel. Il s’agit du papillon de la piéride du chou annonçant l’arrivée prochaine des chenilles voraces sur nos buttes.

Ainsi va la vie dans le jardin, mois après mois, danger après danger... A l’abri de nos regards, chaque espèce lutte pour garder sa place. Le nombre important des plantes qui poussent maintenant attire un nombre plus important d’espèces d’insectes et la population de chacune finit par être contrôlée par les autres. Cette recherche de l’équilibre est le graal du jardinier et ce premier jour de l’été, il nous a semblé l’effleurer.

Les pucerons ont reculé, le mildiou n’est pas venu et les premières fleurs de tomate sont là.

JPEG - 180.2 ko
Les premières fleurs de tomates

Nous faisons une belle récolte de salade – de la cressonnette marocaine – en ne prélevant que leurs feuilles extérieures afin d’en profiter plus longtemps. Les plants continuent ainsi à s’étoffer de nouvelles feuilles partant du cœur et avec une dizaine de salades, nous pouvons récolter au fil des semaines. Nous coupons aussi des tiges de rhubarbe, de l’arroche rouge, des poirées (variété de blettes), cueillons des pois gourmands et des fraises. C’est la première année que nous avons une aussi belle récolte !

Il faut aussi désherber et poursuivre le paillage du jardin. Nous optons cette année pour la fougère aigle qui, avec ce temps humide, me semble plus adaptée que les copeaux de peuplier. Elle pousse en abondance juste au-dessus dans la forêt et c’est un plaisir d’y aller la faucher.

JPEG - 253.4 ko
La récolte de fougères

Il faut aussi continuer à alimenter notre compost et y apporter du fumier, de l’ortie, de la consoude et de la prèle pour amender et structurer notre terre.

Le nez au sol, poussant ma brouette sous les thuyas, je suis tombée sur un oiseau en pièces : des plumes noir, un squelette d’aile, aucune trace de la tête. La couleur du bec aurait pu me donner une indication sur l’espèce. Merle, jeune corneille, j’hésite. Qui a tué l’oiseau ? Un chat ? Il n’y en pas de connu sur la propriété gardée par deux chiens. Une fouine, une hermine ? Nous quittons le jardin sans avoir pu élucider ce forfait, caressant l’idée que peut-être une famille de mustélidés s’est installée dans notre refuge sous la vigne.

JPEG - 260.1 ko
Le jardin aux premiers jours de l’été



Vous avez aimé cet article ? Soutenez Reporterre.

Lire aussi : Les pucerons envahissent le Jardin sans pétrole

Source : Christine Laurent pour Reporterre

Photos : © Christine Laurent/Reporterre

DOSSIER    Jardin sans pétrole

23 septembre 2016
Scandale Triskalia : portraits de destins bouleversés
Enquête
24 septembre 2016
La Belle Démocratie : et si, en 2017, on leur faisait vraiment peur ?
Tribune
26 septembre 2016
Le mouvement Les Jours heureux lance un programme citoyen fondé sur la démocratie et l’écologie
Info


Vous avez aimé cet article ? Soutenez Reporterre

Dans les mêmes dossiers       Jardin sans pétrole





Du même auteur       Christine Laurent (Reporterre)