Les pucerons envahissent le Jardin sans pétrole

25 juin 2016 / Christine Laurent (Reporterre)



Artichauts, fèves, pois gourmands, poirées et même cassissiers, les plantes du jardin sont infestés par ces minuscules insectes dont la famille, rien qu’en Europe, compte près de 900 espèces.

Que restera-t-il des tomates avec cette pluie qui n’en finit pas ! Samedi dernier, les pieds élevés sur les hauteurs de Bagnolet et repiqués le 21 mai avaient miraculeusement survécu. Ils restaient chétifs, n’avaient pas encore une seule fleur mais on n’y voyait pas non plus d’attaque de mildiou. La suppression des feuilles abîmées, la pulvérisation de bicarbonate et de savon et le purin d’ortie leur ont été visiblement salutaires. Pour autant nos petites solanacées ont encore du chemin à faire avant de produire quelques fruits.

Mais la belle découverte de la journée, ce sont les fraises. Il y en a plus d’un kilo. Nombre de fruits portent les traces du passage des limaces ou des fourmis qui les ont goûtés du bout des mandibules. Ce n’est pas grave, car nous avons bien l’intention de les déguster au déjeuner. C’est un de nos plaisirs de jardiniers que de consommer sur place notre production.

La cueillette des fraises est l’occasion d’un bon nettoyage des fruits qui ont pourri, des feuilles tachées, des herbes spontanées qui se faufilent entre les stolons. Il reste encore des fleurs et des fruits en formation. Cela mérite un nouveau paillage de fougères, que nous partons ramasser en forêt, le précédent s’étant presque délité.

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Les fougères pour le paillage.

Tandis que Jean-Marie s’affaire à tailler les thuyas et laisser la lumière entrer sur la partie « forestière » du jardin, j’inspecte les plantes et découvre que les artichauts et les fèves ne sont pas les seuls à souffrir des pucerons.

Dans l’arsenal des moyens de lutte, le purin d’orties

Que font donc les coccinelles ? Où ont-elles été pondre ? Il y en avait tant dans le jardin… Mystère, les pucerons semblent être seuls au monde ! Il y en a aussi sur les pois gourmands, les pieds de poirée et même dans les cassissiers. Un puceron, c’est très petit, à peine un ou deux millimètres mais très bien outillé pour dézinguer les jeunes plantes. Son rostre, qui remplace notre bouche, est une sorte de « perçeuse – aspireuse » avec laquelle il perfore la paroi végétale et pénètre les tissus jusqu’au phloème, le vaisseau où coule la sève dont ils se nourrissent.

En les regardant de très près, je m’aperçois que les pucerons sont différents les uns des autres, tirant sur le vert, un peu brun ou carrément vernis noir…

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Le jardin dans le mauvais temps.

Des chercheurs de l’Inra et de l’université de Rennes 1 ont créé une encyclopédie des Aphididae, famille à laquelle appartiennent le plus grand nombre d’espèces de pucerons, que l’on peut consulter en ligne. Surprise ! Les pucerons forment une grande famille de quelque 900 espèces, rien qu’en Europe. Certaines sont inféodées à une espèce végétale mais d’autres sont polyphages (mangeurs de plusieurs types de feuilles) et peuvent passer d’une espèce potagère à l’autre. Il y a aussi des espèces qui profitent de leurs attaques pour déposer dans les plantes des virus et autres parasites.

Dans l’arsenal des moyens de lutte contre le puceron, le purin d’orties permet de faire un pas de côté en attirant par son odeur immanquable de nombreux insectes, parmi lesquels d’éventuels prédateurs de pucerons… L’orage et une pluie diluvienne nous ont chassé du jardin avant que j’ai eu le temps de passer à l’action. Belle vie aux pucerons !




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Source : Christine Laurent pour Reporterre

Photos :
. chapô : des fourmis et des pucerons noirs de la fève (Aphis fabae). Wikipedia (Rasbak/CC BY-SA 3.0)
© Christine Laurent/Reporterre

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