L’opposition au Grand Stade pourrait faire perdre à Collomb le contrôle du Grand Lyon

Durée de lecture : 3 minutes

10 avril 2014 / Barnabé Binctin (Reporterre)

A Décines, ville où doit être implantée le Grand Stade de Lyon, le maire a été battu par une opposante au projet. Ce qui menace le maintien de Gérard Collomb à la tête de la communauté du Grand Lyon.


- Lyon, reportage

Le projet de Grand Stade à Lyon, très contesté, n’avait pas pesé dans les discussions entre EELV et le PS de Gérard Collomb, pour les municipales dans la troisième ville de France. Selon Etienne Tête, leader local d’EELV, « Le Grand Stade n’a pas impacté notre stratégie d’alliance. En politique, on ne peut pas se déterminer sur un seul dossier, aussi important fût-il. D’autant plus que concernant le Grand Stade, le débat est clos, vu le niveau d’avancement des travaux. Le politique n’a plus de rôle à jouer, c’est surtout sur le plan juridique que l’on peut désormais agir, grâce aux procédures de contentieux en cours ».

Ce constat corrobore l’essoufflement du mouvement de résistance citoyenne, sur place. La deuxième ZAD, constituée à la fin novembre 2013, est désormais inhabitée depuis le début de l’année et la dernière action de désobéissance, que Reporterre avait suivie sur place.

Cyril, qui accompagne la lutte depuis ses débuts sur la Butte du Biézin, atteste le coup d’arrêt : « On est en stand-by. Certains zadistes se sont rendus au Testet pour aider à la lutte collective, d’autres sont installés dans un squat dans la région lyonnaise. On est en veille, mais il n’y a plus de mouvement de ZAD constitué en tant que tel ».

Pour autant, il ne voit pas d’un mauvais œil le rapprochement de leur avocat – Etienne Tête mène depuis le début tous les combats juridique relatifs au Grand Stade – avec Gérard Collomb dans ce contexte électoral : « Je ne pense pas qu’il arrêtera de se battre contre le Grand Stade… » glisse-t-il.

Le principal intéressé confirme : « Etre dans les institutions permet aussi d’avoir accès aux dossiers. Et ma position de simple conseiller municipal ne m’empêchera pas, comme elle ne m’a pas empêché pour l’heure, de mener des recours ». Reposant par la même occasion la question de l’efficacité de l’action politique : « Qu’est-ce que le Front de Gauche a fait de concret sur le Grand Stade à Lyon... ? »

En attendant, le Grand Stade a tout de même eu une conséquence à l’échelle locale : A Décines, lieu d’implantation du projet inutile, Jérôme Sturla, maire sortant PS, soutien d’importance de Collomb dans ce dossier, a été battu par la candidate UMP Laurence Fautra, qui avait pris position contre ce projet, dans une élection qui avait, selon les médias locaux, les allures d’un « référundum sur le Grand Stade ».

Conséquence : si Gérard Collomb est parvenu à conserver la mairie lyonnaise, il risque fort de ne pas pouvoir en faire autant avec le Grand Lyon. La perte de nombreuses municipalités PS dans la communauté d’agglomération lyonnaise pourrait lui faire perdre la présidence du Grand Lyon, appelée à devenir la future Métropole de Lyon au 1er janvier 2015, et objet de toutes les convoitises lors de ce scrutin des municipales.

Le verdict, le 18 avril prochain, pourrait sceller l’ultime revers du « socialisme municipal » qui aura perdu la majeure partie des grandes communautés d’agglomération françaises, comme à Paris, Marseille, Strasbourg, Toulouse, Lille, etc..


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Source : Barnabé Binctin pour Reporterre

Photos :
- Chapô : Rue89 Lyon
- Collomb : Le Progrès

Lire aussi : A Lyon, trucage du budget public et destruction des terres pour un grand stade inutile.


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