La cardamine hirsute s’empare du Jardin sans pétrole

23 janvier 2016 / Christine Laurent (Reporterre)



La prolifération de cette petite plante annuelle comestible confirme la teneur de la terre de notre jardin : faible capacité de rétention de l’eau et faible proportion d’argile. Il faut favoriser la formation de l’indispensable complexe argilo-humique. En attendant, on peut manger la cardamine, riche en vitamine C.

Une belle journée d’hiver et des encouragements solaires pour nous acquitter des travaux de nettoyage du jardin. Impossible, avec la pluie qui est tombée cette semaine – plus de 5 cm dans le pluviomètre –, de toucher à la terre. Mais nous pouvons rassembler sous les thuyas les branches coupées de l’aubépine et enlever dans les allées du potager et sur les buttes les touffes d’herbe et autres plantes que nous n’avons pas identifiées comme comestibles. Je m’aperçois que la cardamine hirsute a pris notre jardin pour royaume. Elle pousse partout au milieu des fraisiers, avec la mâche, sur les buttes. A-t-elle détrôné la renoncule rampante ou bien la précède-t-elle ?

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Les thuyas en bordure du Jardin.

La cardamine hirsute est une petite plante annuelle, haute de 10 cm. Ses feuilles ressemblent à celles du cresson, en plus petites, et ses discrètes fleurs blanches sont cernées de petites gousses qui se dressent vers le ciel. En séchant, celles-ci vont tout d’un coup s’ouvrir et, par un ingénieux système d’enroulement, propulser les graines qu’elles contiennent dans un rayon de plusieurs dizaines de centimètres. La plante correspond parfaitement au genre de terre de notre jardin, puisque son biotope est celui des lisières de forêt. La cardamine hirsute s’installe aussi sur les vieux murs, sur les talus dans les parcelles cultivés en vigne, en maraîchage, en vergers. Son abondance confirme ce que nous savons : notre terre a faible capacité de rétention de l’eau de notre terre et les apports de compost ne compensent pas encore ce défaut. Sa faible teneur en argile (moins de 10 %) rend difficile la formation du complexe argilo-humique qui permet de fixer les oligoéléments indispensables à la croissance et à la bonne santé des plantes.

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La cardamine hirsute, planche parue en 1800 du naturaliste néerlandais Jan Kops.

Alors, faut-il que nous ajoutions de l’argile à la terre ? Et si oui, en quelle quantité ? Voilà un sujet d’étude pour les semaines d’hiver à venir. En attendant, rapportons à la maison de la cardamine hirsute, car cette herbacée sauvage est comestible et même goûteuse. Nous l’ajoutons à notre récolte de mâche et de toutes les petites pousses de salades qui ont résisté au froid : les cressons alénois et de Turquie, la cressonnette marocaine, les chicorées rouge de Vérone et scarole en cornet d’Anjou, la roquette. Un cocktail de vitamine C contre les frimas, plus local que le jus d’orange.




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Source : Christine Laurent pour Reporterre

Photo : Christine Laurent/Reporterre
. Chapô : Le Jardin sans pétrole sous le soleil de la mi-janvier.
. Planche : Wikimedia commons

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