La carotte, plante des steppes et pionnière des milieux ouverts

23 septembre 2017 / Christine Laurent (Reporterre)



Le temps est venu de réserver les graines des annuelles et bisannuelles pour l’année prochaine. Parmi elles, la carotte, appréciée des délicats rats taupiers.

Cette semaine, les plantes estivales encore debout ont toutes sorti leurs graines. La belle saison est terminée et pour ces annuelles ou bisannuelles, il est temps de mettre à l’abri leur patrimoine génétique pour l’année prochaine. Les salades, l’arroche rouge, la coriandre, les poireaux, l’oseille, les carottes.

Les quelques carottes que nous avons laissé fleurir ont chacune donné six à huit fleurs en ombelle, lesquelles ont produit des centaines de graines. Nous récoltons une partie de toutes ces graines, laissons sur place les autres qui germeront ou pas au printemps prochain.

Des graines de carotte.

Il est temps de commencer à récolter ces légumes racines orangés, fruit d’une longue sélection naturelle. Celle-ci a commencé en Afghanistan où la carotte sauvage a été d’abord domestiquée, donnant naissance à la carotte comestible Daucus carota sativa. Il existe bien d’autres espèces sauvages (Daucus carota carota et consœurs) à travers le monde, car cette plante des steppes est une pionnière des milieux ouverts et notamment des prairies en Europe.

La fantaisie des formes créées

La carotte pousse aisément dans le jardin. Mais aujourd’hui, en les récoltant, je constate que les rats taupiers que nous avons fait mine d’ignorer tant la lutte nous semblait perdue d’avance nous ont précédé. Je m’en suis rendu compte en tirant sur les fanes d’une carotte. Le bouquet m’est resté dans la main. En regardant dans la terre, j’ai découvert une carotte vide. Croquée par en dessous, évidée sans que la peau ne soit atteinte. C’était comme dans la farce de l’œuf à la coque !

Le rat taupier est délicat, plus délicat que nous, qui nous contentons de brosser les racines et les mangeons avec la peau. En poursuivant ma récolte, j’ai découvert l’incroyable plasticité de la carotte et la fantaisie des formes créées pour se nourrir en évitant les galeries. Finalement les dégâts étaient limités !

Nous avons ramassé un bon kilo et laissé les autres pour une prochaine semaine… Avec les fanes de carotte, nous avons fait une « pâte à tartiner » délicieuse en les incorporant hachée menue dans un mélange de graines, de fruits secs, d’ail et d’huile d’olive.




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Lire aussi : Jardin sans pétrole - Pire que le stress hydrique, les rats taupiers

Source : Christine Laurent pour Reporterre

Photos : © Christine Laurent/Reporterre
. chapô : les carottes du Jardin maltraitées par les rats taupiers.

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