123
Média indépendant à but non lucratif, en accès libre, sans pub, financé par les dons de ses lectrices et lecteurs

En brefÉnergie

Énergie : la crise de 2022 a coûté 33 milliards d’euros à la France

L’accord passé entre l’État et EDF sur l’électricité nucléaire « expose fortement le consommateur aux prix du marché », selon deux députés.

Les députés Maxime Laisney (La France insoumise) et Philippe Bolo (Modem) ont rendu le 9 octobre un rapport d’information sur le prix de l’électricité, soulignant les lourds dysfonctionnements du « marché » de fourniture d’électricité et le bilan catastrophique de la libération de l’énergie.

L’envolée des prix, provoquée en 2022 par les conséquences de la guerre en Ukraine et l’emballement du mécanisme de calcul des prix de l’électricité qui fait primer les centrales d’appoint fonctionnant au gaz, a forcé l’État à amortir financièrement le choc. Selon les chiffres communiqués par la Direction générale de l’énergie et du climat, le coût net total des différents dispositifs d’aide atteint 33 milliards d’euros.

« L’ouverture à la concurrence nous laisse perplexe. On a vu se déployer des pratiques abusives, voire déloyales [des fournisseurs d’électricité], et les ménages comme les TPE-PME ne veulent pas devenir des traders d’électricité face à une multitude d’acteurs complexes », a également réprouvé Maxime Laisney, corapporteur.

« L’ouverture à la concurrence nous laisse perplexe »

Les deux élus ont présenté 19 propositions pour tenter d’éviter un nouveau fiasco. Selon eux, l’accord passé en 2023 entre l’État et EDF sur l’électricité nucléaire, pour succéder au système dit « Arenh » qui prendra fin le 31 décembre 2025, « expose fortement le consommateur aux prix du marché ».

Maxime Laisney recommande à titre personnel d’ouvrir un débat sur le retour au monopole public de la production et de la fourniture d’électricité, voire « la mise en place d’un acteur public centralisé au niveau européen ».

legende