L’incendie de Gironde a produit son propre « orage de feu »
Les pyrocumulonimbus se forment lors de feux particulièrement intenses. Ici en 2012, dans la forêt nationale d'Angeles en Californie. - Wikimedia Commons / CC BY-SA 4.0 / JeremyaGreene
Les pyrocumulonimbus se forment lors de feux particulièrement intenses. Ici en 2012, dans la forêt nationale d'Angeles en Californie. - Wikimedia Commons / CC BY-SA 4.0 / JeremyaGreene
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L’incendie en Gironde est d’une intensité telle qu’il a généré un pyrocumulonimbus, une sorte « d’orage de feu », qui génère son propre vent et dont la charge électrique peut produire des éclairs. C’est l’une des raisons pour lesquelles ce feu est si violent, imprévisible et difficile à maîtriser. Lundi 27 juillet, en à peine cinq jours, il avait déjà ravagé plus de 42 000 hectares, blessé plus de 80 pompiers, endommagé plus de 240 maisons et forcé à la fuite plus de 200 000 personnes.
Les pyrocumulonimbus se forment lors de feux particulièrement intenses. Cela avait notamment été le cas lors du feu destructeur de McKinney, en Californie, en 2022, ou lors des feux de brousse de 2020, en Australie, qui avaient ravagé plus de 8 millions d’hectares. Les feux de cette ampleur dégage d’importantes quantités d’énergie et de chaleur, qui forment des panaches dans le ciel. Lorsque ce panache atteint une altitude suffisante, l’air contenu dans ces panaches se refroidit et se dilate, pour former un nuage, le pyrocumulus. Lorsque la quantité de vapeur d’eau est suffisante, il peut muter en pyrocumulonimbus, nuage qualifié par la Nasa de « dragon cracheur de feu ».
Les vents générés par les pyrocumulonimbus peuvent accélérer la propagation des flammes, tandis que les éclairs qu’ils produisent peuvent déclencher de nouveaux départs de feux. Ce phénomène est extrêmement rare en France. Son apparition est semble-t-il récente : avant la Gironde, il n’avait été observé que lors du feu de Fontainebleau (Seine-et-Marne) en juillet, de Ribaute (Aude) en 2025, ou encore de Générac (Gard) en 2019, selon Jean-Baptiste Filippi, chercheur du CNRS (Laboratoire des sciences pour l’environnement CNRS - Université de Corse Pasquale Paoli) et expert du phénomène, cité par Le Monde.