La faim dans le monde recule, mais pas en Afrique et au Proche-Orient
Camp de réfugiés de Kakuma, au Kenya. - Flickr/CC BY-ND 4.0/European Union/Peter Biro
Camp de réfugiés de Kakuma, au Kenya. - Flickr/CC BY-ND 4.0/European Union/Peter Biro
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La faim dans le monde a légèrement reculé en 2024, touchant entre 638 et 720 millions de personnes, grâce à des progrès réalisés en Amérique latine et en Asie du Sud-Est, mais elle continue d’augmenter en Afrique, selon l’édition 2025 du rapport onusien sur l’État de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde dévoilé le 28 juillet.
Environ 8,2 % de la population mondiale a été confrontée à la faim en 2024, soit 0,3 % de moins qu’en 2023. Mais les agences onusiennes (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’Unicef, le Programme alimentaire mondial (PAM), l’Organisation mondiale de la santé (OMS), etc.) ont précisé que le rapport se concentrait sur les problèmes chroniques et à long terme et ne reflétait pas pleinement l’impact des crises aiguës provoquées par des événements spécifiques et des guerres, notamment à Gaza.
« Les conflits continuent d’alimenter la faim de Gaza, au Soudan et au-delà, a déclaré le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, dans une allocution prononcée par vidéoconférence. La faim alimente encore davantage l’instabilité future et sape la paix. »
Si le nombre de personnes ne mangeant pas à leur faim baisse significativement en Amérique latine (3,8 % en 2024, contre 4,2 % en 2023) et dans les Caraïbes, il reste important en Asie du Sud (il est passé de 12,2 à 11 %) et s’aggrave en Asie occidentale et en Afrique, où il dépasse même les 20 %.
Ces chiffres sont très éloignés de l’objectif de l’ONU d’un monde sans faim en 2030. Selon les projections actuelles, quelque 512 millions de personnes seront toujours sous-alimentées d’ici la fin de la décennie, dont 60 % rien qu’en Afrique.
Par ailleurs, le rapport ne mesure pas encore les conséquences délétères de la fin de l’aide humanitaire des États-Unis. Dès son arrivée au pouvoir, Donald Trump a siphonné les fonds du principal bailleur mondial (USAID), sa contribution aux périls mondiaux étant passée de 55 milliards de dollars annuels à moins de 5 milliards pour 2025. Nombre de programmes dans la distribution alimentaire ou de semences ont pris fin depuis le début d’année.