La lisière entre forêt et jardin est un riche écosystème

Durée de lecture : 2 minutes

28 avril 2018 / Christine Laurent (Reporterre)

Tout est en place en ce début de printemps dans le jardin sans pétrole, et il n’y a pour l’instant pas trop à faire. C’est l’occasion de partir vagabonder, et de découvrir la richesse écologique des milieux de lisière, à l’interface entre forêt et jardin.

Il n’y a pas tellement à faire dans le jardin ces jours-ci. Les fruitiers sont en fleurs. Les planches de culture ont été remises en ordre et accueillent les premiers semis de betteraves, blettes, salades diverses et carottes. Les poireaux sont en pépinière dans un coin abrité. Les choux Mizuna se fortifient sur le bord de la fenêtre, à l’abri des altises, ces petits coléoptères voraces qui poinçonnent les feuilles tendres dès que l’humidité s’estompe. Les tomates poussent sur le balcon de l’appartement plein sud et en étage de Pétronille. Les courges et les concombres pointent leurs premières feuilles derrière la fenêtre. Nous n’avons pas encore pu utiliser notre petite serre faute d’avoir pu résoudre la question de l’arrosage à l’intérieur ! Nous nous en passerons ce printemps car dans quinze jours, les saints de glace seront derrière nous et nous pourrons planter toutes les plantes estivales.

Le pommier fleurit.

En cette saison, nous profitons des dernières cueillettes de salades sauvages. Des mélanges de pissenlit, alliaire, plantain lancéolé, lampsane, fleur de coucou ramassées en se promenant sur la lisière entre forêt et pâture. Ces espaces vivants livrés à eux mêmes abritent une multitude d’espèces et toutes les strates de végétation, des plantes herbacées aux arbres.

Le biologiste australien Bill Mollison, pionnier de la permaculture, a développé l’intérêt écologique et nourricier de ces bordures sous le terme « d’effet de lisière ». Dans son livre Introduction à la permaculture, il explique : « Il est reconnu par les écologistes que l’interface entre deux écosystèmes constitue un troisième système plus complexe, qui combine les deux. Sur cette interface, des espèces des deux systèmes peuvent coexister, et le milieu de lisière possède aussi ses formes de vie propre, spécifiques, dans de nombreux cas ».

L’alliaire officinale prospère en lisière de forêt.

Ici, la lisière est un ruban verdoyant entre l’écosystème forestier et prairial, offrant des ombrages différenciés. Il y pousse des herbes comestibles mais aussi des fraises des bois, des églantiers et quelques noisetiers, et sans doute nos framboisiers tout proche pourraient-ils un jour franchir la clôture et s’y installer... J’aimerais voir le jardin, lieu clos abritant nos plantes précieuses, partir à la conquête de la lisière...



Lire aussi : toutes les chroniques du Jardin sans pétrole

Source : Christine Laurent pour Reporterre

Photos : @ Christine Laurent/Reporterre

DOSSIER    Jardin sans pétrole

25 juillet 2019
Aux Rencontres de la photographie d’Arles, les murs séparent, la nature relie
À découvrir
17 septembre 2019
Huit trucs pour se passer de téléphone portable
Tribune
17 septembre 2019
La Durance, une rivière asséchée par les barrages et le dérèglement climatique
Enquête


Dans les mêmes dossiers       Jardin sans pétrole





Du même auteur       Christine Laurent (Reporterre)