La loi sur la recherche adoptée malgré l’opposition des chercheurs

Mardi 17 novembre, les députés ont définitivement adopté la loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR).
Avec ce vote de la #LPPR, la majorité saccage l'université avec le sourire aux lèvres. Cet après-midi, des milliers d'étudiants, de chercheurs et de professeurs s'étaient mobilisés contre cette loi.
Mais ils n'écoutent personne !#DirectAN pic.twitter.com/GcN4fCkhsd
— Mathilde Panot (@MathildePanot) November 17, 2020
Dans l’après-midi, des manifestants se sont rassemblés dans plusieurs villes de France, notamment sur la place de la Sorbonne, à Paris, contre ce projet de loi contesté.
Pour nombre de chercheuses et de chercheurs, cette loi va promouvoir une recherche basée sur la compétition et le court-terme, comme l’expliquait à Reporterre, Jeanne Gherardi-Scao, enseignante-chercheuse rattachée au laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (LSCE) :
On peut imaginer que les sujets tels que la 5G ou l’hydrogène, qui prétendent apporter des solutions rapides au changement climatique, vont être privilégiés. Cela au détriment d’une recherche de fond comme la paléoclimatologie qui tente de comprendre les processus passés d’un système, ou de problématiques scientifiques non résolues mais moins axées vers une démarche productive.
Outre les conséquences néfastes que pourrait avoir cette loi sur la recherche, la LPPR crée un délit d’intrusion dans les universités, mesure liberticide qui a suscité la protestation d’organisations étudiantes et d’enseignants-chercheurs.
Inséré par amendement lors du passage du texte au Sénat, cet article prévoit que « le fait de pénétrer ou de se maintenir dans l’enceinte d’un établissement d’enseignement supérieur sans y être habilité en vertu de dispositions législatives ou réglementaires ou y avoir été autorisé par les autorités compétentes, dans le but de troubler la tranquillité ou le bon ordre de l’établissement, est passible des sanctions ». Lesquelles s’élèvent à un an de prison et 7.500 euros d’amende. Et même à trois ans de prison et 45.000 euros d’amende si ce délit est commis en réunion. En clair : l’occupation ou le blocage de facs — mode d’action régulièrement utilisé par les étudiants pour se faire entendre — pourront être fortement réprimés.
- Source : Reporterre.
- Photo : Compte Twitter d’Université Ouverte.