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En brefNucléaire

Le Commissariat à l’énergie atomique veut sous-traiter la protection de sites nucléaires

Le site de Cadarache, dans les Bouches-du-Rhône, pourrait voir une partie de sa sécurité sous-traitée.

Qui protégera l’atome français demain ? Selon les révélations de Mediapart, le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) prévoit de sous-traiter la sécurité à l’entrée des sites nucléaires sensibles, y compris des installations militaires. Sont concernés à court terme les sites de Marcoule, une infrastructure de production de plutonium militaire en démantèlement dans le Gard, et celui de Cadarache, dans les Bouches-du-Rhône, qui dispose d’une unité spécialisée dans la propulsion des sous-marins nucléaires.

Un rapport d’expertise confidentiel que Mediapart a pu consulter indique que cette décision pourrait avoir des « effets pervers inattendus ». « Des éléments essentiels au dispositif de sécurité risquent d’être affaiblis », dénonce ce document réalisé par le bureau d’études Cidecos. Tel que l’« éloignement » entre le personnel de sécurité et les salariés, qui limiterait la connaissance des procédures de sécurité en cas de crise, ou sur le « dispositif d’emprisonnement d’un malveillant » à l’entrée du site, qui serait alors géré par des prestataires non armés sans la même formation que les statutaires.

Ce même rapport indique que le travail des agents de sécurité les « épuise ». Conséquence du manque de personnel, certains sont en « souffrance physique, psychologique » et « en perte de repères et de sens au travail ». Confier certaines missions de sécurité ne permettra pas de les soulager, écrivent les experts de Cidecos : « Sous-traiter les accès n’empêchera pas [les agents de sécurité] de devoir continuer de travailler avec cette façon dégradée. »

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