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Covid-19

Le bruit sismique d’origine humaine a diminué de 50 % pendant le confinement

Le confinement a entraîné une réduction moyenne de 50 % du bruit sismique observé dans le monde, entre janvier et mai 2020. C’est ce que révèle une étude internationale publiée dans la revue Science le 23 juillet.

Une équipe internationale de chercheurs, coordonnée par l’Observatoire royal de Belgique, a étudié pour la première fois l’effet du confinement, nommé « anthropause », sur la masse terrestre, située sous nos pieds, en se fondant sur les données issues de plusieurs milliers de stations de surveillance sismique dans le monde.

Les sismomètres enregistrent les vibrations se propageant à travers le sol et permettent notamment de mesurer les ondes sismiques survenant après les tremblements de terre. Cependant, les enregistrements sismiques de sources naturelles sont contaminés par les vibrations à haute fréquence (appelées « bourdonnement ») produites par les humains à la surface de la Terre (les déplacements, l’industrie lourde et les travaux de construction laissent des signatures sismiques uniques dans le sous-sol, enregistrées par les sismomètres).

Dans cette étude, les chercheurs ont analysé les données de plus de 300 stations sismiques à travers le monde, entre janvier à mai 2020. Leurs analyses révèlent une diminution du bruit sismique de 50 % à 80 % dans le monde, à la suite de la mise en place de mesures de distanciation physique et sociale, à la réduction de l’activité économique et industrielle, à la baisse du tourisme et des voyages.

Cette période de calme correspond à la réduction la plus longue et la plus importante jamais enregistrée du bruit sismique d’origine anthropique. Les baisses les plus fortes du bruit sismique ont été constatées dans les zones urbaines (Pékin, Taipei, Hong Kong, Milan, Florence, New York, Boston, Lisbonne, Montréal, Paris…).

Grâce à ces travaux, les chercheurs espèrent dorénavant mieux distinguer le bruit anthropique parmi les ondes sismiques, afin de détecter de nouveaux types de signaux, comme les tremblements de terre et les mouvements des volcans. « Les signaux de tremblement de terre, précédemment dissimulés en particulier pendant la journée, sont apparus beaucoup plus clairement sur les capteurs sismiques dans les zones urbaines pendant le confinement, explique Corentin Caudron, chercheur à l’Institut de recherche pour le développement (IRD). Il est important de distinguer le bruit anthropique, afin que les sismologues puissent mieux écouter la Terre, en particulier dans les villes, et surveiller les mouvements du sol sur lequel nous marchons ».

  • Source : IRD.
  • Photo : Un sismographe. Flickr (nicolas/CC BY-SA 2.0)

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