Le débit des fleuves s’affaiblit partout dans le monde
44 % des plus gros fleuves du monde ont vu leur débit diminuer en trente-cinq ans. - Flickr/CC0/Isabelle Blanchemain
44 % des plus gros fleuves du monde ont vu leur débit diminuer en trente-cinq ans. - Flickr/CC0/Isabelle Blanchemain
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C’est une cartographie inédite de 2,9 millions de fleuves et rivières du monde entier qu’ont réalisé des chercheurs étasuniens, à partir de données satellitaires. Modélisant l’évolution du flux de ces cours d’eau entre 1984 et 2018, ils ont découvert qu’une double évolution était à l’œuvre : une dynamique de réduction des débits des gros fleuves, mesurée à l’embouchure sur cette période de trente-cinq ans, tandis que les débits avaient plutôt tendance à augmenter dans les petits cours d’eau en amont, notamment dans les zones montagneuses.
Plus précisément, 44 % des plus gros fleuves du monde ont vu leur débit diminuer sur cette période. Les cours d’eau à l’amont ont à l’inverse connu une hausse de débit pour 17,1 % d’entre eux (contre 9,9 % qui se sont affaiblis), conclut l’étude publiée dans la revue Science le 12 décembre.
« Certains de ces fleuves évoluent de 5 à 10 % par an. C’est un changement très rapide », s’inquiètent dans un communiqué les auteurs, Dongmei Feng, de l’université de Cincinnati (États-Unis), et Colin Gleason, de l’université du Massachusetts (États-Unis).
Parmi les multiples conséquences de ces changements : une hausse de 42 % des inondations sur les petits cours d’eau, une migration accélérée des poissons et une hausse des transports de sédiments. Tandis que les baisses de débit à l’aval menacent les ressources en eau potable et pour l’irrigation.
Ces modifications en cours des flux hydrologiques — moins d’eau à l’aval, plus d’eau à l’amont — peuvent s’expliquer, selon l’hypothèse des chercheurs, par le changement climatique et les consommations accrues d’eau pour les activités humaines (pour les baisses de débit) et par la fonte accélérée des neiges et glaces en montagne ainsi qu’une hausse des précipitations (pour les hausses de débit à l’amont).