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En brefAgriculture

Le foie gras biberonné aux aides publiques

Gavage d'une oie dans un élevage de Dordogne, en 2021.

La filière du foie gras survit grâce aux financements publics. C’est ce que constate l’Observatoire des subventions et aides agricoles en France (Obsaf) dans un rapport publié le 12 décembre. Pour la première fois, une étude analyse les aides publiques allouées à la filière du foie gras en Nouvelle-Aquitaine.

Selon l’association, 13,8 millions d’euros d’aides publiques ont été versés à la filière entre 2022 et 2025 (près de 60 % par l’Union européenne et plus de 35 % par la Région). « Le montant réel est sans doute plus élevé, plusieurs administrations n’ayant pas transmis l’ensemble des documents demandés », note l’Observatoire créé en décembre 2024.

L’étude révèle une « architecture déséquilibrée » : les plans de modernisation des élevages absorbent à eux seuls plus de 7 millions d’euros, essentiellement consacrés à la biosécurité dans un contexte de grippe aviaire. « Loin de réduire les vulnérabilités, ces investissements contribuent à maintenir un modèle très intensif dont les paramètres fondamentaux (densités élevées, flux intégrés, concentration territoriale) demeurent inchangés », estime l’Obsaf. Alors même qu’elles ne changent rien à leurs pratiques, des installations bénéficient d’aides au titre du dispositif Néo Terra de la Région Nouvelle-Aquitaine destiné à orienter les aides agricoles vers des trajectoires plus durables.

Des légumineuses à la place du maïs destiné au gavage

Par ailleurs, l’essentiel de l’argent va aux industriels. Les ateliers fermiers et les modèles artisanaux ne représentent que 3 % des aides à la transformation, selon l’étude. Pourtant, la communication de la filière, qui bénéficie elle aussi d’argent public, véhicule une image bien différente de la réalité : « tradition », « excellence française » et « patrimoine gastronomique » font partie des mots clés systématiquement employés.

Face à ces constats, l’Obsaf recommande une refonte profonde des modes d’attribution des aides publiques. Et estime que « les terres actuellement dédiées au maïs pour le gavage — cultures fortement consommatrices d’eau — pourraient être converties en productions à haute valeur nutritionnelle et climatique : légumineuses, céréales ou protéines végétales destinées à l’alimentation humaine ».

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