Le gouvernement persiste à vouloir autoriser l’épandage aérien

Durée de lecture : 3 minutes

28 juin 2014 / Agir pour l’environnement



Sous couvert d’« accélérer la fin des épandages aériens » de pesticides, un projet d’arrêté pose le cadre légal de ces dits épandages... ouvrant paradoxalement la porte à de nouvelles autorisations. Une campagne est lancée pour faire interdire réellement les épandages aériens de pesticides


La communication est un art difficile à manier dont usent et abusent certains politiciens.

Entre le 23 juin et le 15 juillet un projet d’arrêté, soumis à consultation visant à « accélérer la fin des épandages aériens de produits phytosanitaires » (dixit le site du Ministère de l’Écologie) pose le cadre réglementaire permettant … les épandages aériens.

Ce n’est pas le moindre des paradoxes que de soumettre à consultation un arrêté dont le but premier est de légaliser les épandages aériens en laissant supposer que l’arrêté en question viserait à accélérer la fin des dits épandages.

Sous couvert de règles cosmétiques et de nombreux délais et exceptions, le gouvernement s’apprêterait donc à renouveler l’autorisation d’épandages aériens de pesticides.

Mais, attention… que les choses soient dites ! Un périmètre « de protection » de cinquante mètres autour des habitations est fixé. Sur le papier, l’avion ou l’hélicoptère devra donc respecter un périmètre et empêcher le souffle des pales de répandre les substances toxiques hors des parcelles traitées.

Certaines parcelles de vignes traitées par épandages aériens font moins de 4.000 m² ! Ce traitement chimique appliqué avec une précision « chirurgicale » est une vue de l’esprit. Le périmètre de cinquante mètres n’a jamais été, et ne sera jamais, respecté !

La sécurité (juridique) des épandeurs est ainsi acquise… à défaut de celle des riverains qui continueront à inhaler un air vicié et vivre dans une zone polluée.

Alors que la France demeure le premier utilisateur européen de pesticides, que les quantités épandues continuent à augmenter (contrairement à l’objectif devant aboutir à une division par deux d’ici 2018), cet arrêté tolère encore ces épandages aériens jusqu’au 31 décembre 2015.

Plus de 15.000 hectares sont encore traités chaque année en France par épandages aériens. Cette pratique a baissé de 77 % entre 2008 et 2013 ; preuve qu’il est désormais possible de faire autrement. Il est donc grand temps de les interdire strictement.

Pour obtenir une telle interdiction totale et immédiate, mobilisons-nous en participant massivement à la consultation publique mise en place par le Ministère de l’Agriculture

Voici le courriel que nous vous proposons d’envoyer via notre formulaire :

Monsieur le Ministre de l’agriculture,

- Considérant les pesticides comme des produits toxiques ;
- Constatant qu’il existe des alternatives aux produits chimiques ;
- Déplorant que le projet d’arrêté que vous soumettez à consultation est une façon maladroite de légaliser les épandages aériens ;

Je vous demande : d’interdire dès à présent tout épandage aérien et ce, quelle que soit la situation.

A défaut d’interdiction immédiate, je vous demande :

- de définir un périmètre de sécurité de 500 m autour des habitations ;
- de diffuser une information préalable adressée personnellement à tous les riverains résidant à l’intérieur d’une zone de 1.000 mètres de la surface traitée ;
- d’instaurer un délai de ré-entrée de sept jours dans la parcelle traitée et dans un périmètre de 500 mètres autour de celle-ci.


Complément d’info : On peut aussi participer à la pétition lancée sur le même thème par Générations futures.





Source : Agir pour l’environnement

Photo : Change.org

Lire aussi : L’épandage aérien de pesticides est enfin interdit

DOSSIER    Pesticides

6 novembre 2020
Kéziah, militant antichlordécone, tabassé par les forces de l’ordre puis accusé de violences
Enquête
13 novembre 2020
Serres de tomates, une filière énergivore et très concentrée
Enquête
9 novembre 2020
Dans le Morbihan, le projet de centre d’aide aux animaux vire à la bataille judiciaire
Enquête


Dans les mêmes dossiers       Pesticides