Le gouvernement prend du retard sur sa « feuille de route » climatique

Durée de lecture : 4 minutes

21 juin 2017 / par Émilie Massemin (Reporterre)



Emmanuel Macron avait promis une « feuille de route » de la politique climatique de la France, qui devait être présentée en Conseil des ministres mercredi 21 juin. Elle devrait être finalement dévoilée avec retard, mais avant le G20 des 7 et 8 juillet à Hambourg. Les associations écologistes ont prévu de se montrer particulièrement vigilantes sur son contenu.

Pousser à la mise en œuvre d’une taxe européenne sur les transactions financières, organiser la sortie du nucléaire et la reconversion des salariés qui travaillent dans le secteur des énergies fossiles, renoncer à la construction de nouvelles portions d’autoroutes... Mardi 20 juin, le Réseau action climat (RAC) et ses associations membres (Oxfam France, CCFD-Terre solidaire, Greenpeace France, WWF France, France nature environnement et Cler-Réseau pour la transition énergétique) ont présenté la proposition de feuille de route pour le climat qu’ils ont adressée au président de la République, Emmanuel Macron, au Premier ministre, Édouard Philippe et au ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, la semaine dernière. « Il faut que le président de la République aille des discours à la pratique, a déclaré Morgane Créach, directrice du RAC. C’est pourquoi on a décidé de contribuer. »

Cette feuille de route présente trois niveaux de mesures : internationales, européennes et nationales. Armelle Le Comte, chargée de plaidoyer climat et énergie à Oxfam France, a exhorté M. Macron d’exiger l’instauration d’une taxe européenne sur les transactions financières. « Quand nous avons rencontré Emmanuel Macron il y a quinze jours, il nous a promis un accord pour juillet 2017, a rapporté Armelle Le Comte. Cette taxe pourrait rapporter entre 20 milliards et 22 milliards d’euros par an. Nous souhaitons qu’Emmanuel Macron s’engage à organiser un sommet en France consacré à la redistribution de cette somme. Nous voulons que 50 % des recettes aillent à la solidarité internationale et à la lutte contre les changements climatiques. »

À l’échelle nationale, Cyrille Cormier, responsable de la campagne énergie et climat à Greenpeace France, a plaidé pour l’application de la loi sur la transition énergétique et sur la baisse à 50 % de la part du nucléaire dans le mix énergétique français, d’ici 2025. « Il faudra donner les moyens à Nicolas Hulot de mettre en œuvre cette feuille de route, a-t-il insisté. Pour cela, la volonté d’Emmanuel Macron est essentielle. » Pierre Canet, responsable du programme climat, énergie et infrastructures durables au WWF France, a appelé à l’abandon des énergies fossiles et à la reconversion de salariés de ce secteur : « Il est fini le temps où on laissait les ouvriers au pied du mur à la fermeture de leur usine. Le gouvernement doit accompagner des milliers d’emplois à l’aide de contrats de transition écologique. » Pour Michel Dubromel, tout un chantier reste à mener en matière de transports. « Pourquoi nous répète-t-on qu’il faut agir alors qu’on nous annonce chaque jour trente ou quarante kilomètres supplémentaires d’autoroute ? a râlé le président de France nature environnement. Un signal important doit être donné en termes de fiscalité. Nous attendons un projet fort concernant la contribution carbone dans le projet de loi de finances. »

« On ne se contentera pas du rappel d’objectifs généraux »

Ces propositions interviennent alors que mardi 6 juin, après l’annonce du retrait des États-Unis de l’Accord de Paris, Emmanuel Macron avait promis une « feuille de route » de la politique climatique de la France d’ici à fin juin. Cette série de mesures devait être présentée en Conseil des ministres mercredi 21 juin. Elle devrait être finalement dévoilée avec un peu de retard, mais avant le G20 des 7 et 8 juillet, à Hambourg. Les associations ont prévu de se montrer particulièrement vigilantes sur son contenu. « On ne se contentera pas du rappel d’objectifs généraux », a prévenu Morgane Créach.

Autre sujet de préoccupation pour les organisations, les états généraux de l’agriculture et de l’alimentation. Cyrielle Denhartigh, responsable agriculture et alimentation au RAC, a réclamé des états généraux « pilotés en interministériel — ministère de la Transition écologique et solidaire, ministère de l’Agriculture et ministère de la Santé. La gouvernance pourrait être assurée par huit collèges, parmi lesquels un collège des associations environnementales et de solidarité. Surtout, ces états généraux doivent engager le gouvernement et déboucher sur des engagements précis et budgétés ».

Mais pour l’heure, le flou intégral règne sur les conditions d’organisation de ce sommet, prévu pour juillet. « Nous avons demandé un rendez-vous au président de la République, au ministre de l’Agriculture, au ministre de la Transition écologique et solidaire et au ministre de la Santé. Pour l’instant, nous avons une proposition de rendez-vous fin juin avec la directrice de cabinet du ministère de l’Agriculture. » Mais aucune garantie sur le déroulement de ces états généraux : « Pour le moment, nous sommes frustrés. Les seuls échos que nous avons, c’est une séquence en juillet qui va porter sur les marges et qui mettra autour de la table les organisations agricoles, les transformateurs, les distributeurs et éventuellement les associations de consommateurs. »





Source : Émilie Massemin pour Reporterre

Photo : Atlas info



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