Le jardin sans pétrole reprend vie, les limaces aussi !

4 février 2017 / Christine Laurent (Reporterre)



Le temps au jardin sans pétrole est propice au nettoyage et à la taille, à planter des épinards également. Et à constater les dégâts des limaces.

Air léger, couleur verte sur la carte Airparif, route humide, nos vélos descendent vers la Juine. En remontant sur l’autre versant, vers le coteau boisé où se trouve le jardin, les tatati, tatati, tatati de la mésange accompagnent nos coups de pédales.

Il ne fait que quelques degrés au-dessus de zéro mais le temps semble doux après le froid intense. Le jardin est assoupi, rien ne semble s’être passé depuis trois semaines et pourtant… En regardant plus attentivement, sous les feuilles mortes que j’écarte délicatement, les pousses des pois mangetout mis en terre en novembre sont là. Des tiges bien droites, hautes de 4 cm, sans feuille pour la plupart. Ce n’est pas qu’elles ne se sont pas dépliées. Non, les limaces sont venues se servir et ont bouloté à peine écloses les premières feuilles toutes tendres. J’ai en réserve des coquilles d’œuf broyées que je saupoudre abondamment autour des plants pour repousser ces mollusques.

Sécateur et échenilloir à portée de main 

La météo annonce un redoux avec des températures au-dessus de 7 °C dans la journée accompagnées de pluie. On n’a jamais osé semer si tôt et peut-être est-ce la raison pour laquelle nous n’avons pas pu obtenir des épinards. À chacune de nos tentatives, quand les semences ont levé, les plantes ont cessé de croître rapidement et sont montées en graine. L’épinard ne supporte pas la chaleur… c’est-à-dire plus de 21 °C ! Là où nous les avons alignés, quand la température augmentera, la rangée sera ombragée par le feuillage de l’aubépine. Les pois y étaient l’année dernière. Leur faculté à absorber l’azote de l’air et à le restituer dans le sol apportera ce dont les épinards ont grandement besoin.

C’est une journée de taille et de nettoyage. Jean-Marie, sécateur et échenilloir à portée de main, passe en revue la vigne, l’actinidier — mâle et femelle — le pêcher, les framboisiers, les groseilliers, les cassissiers, les noisetiers, les chênes et quelques thuyas aux branches embarrassantes. Je ramasse les branchages et les mets en tas sous les thuyas. Le bois, en se décomposant dans le jardin, apporte du carbone dans le sol, qui profite aux ronces, tandis qu’en tas, il sert de cachettes à des petits animaux bien utiles pour réguler les populations de limaces.

Avant de partir, j’essaie de retrouver les carottes que nous n’avons pas pu ramasser à cause du gel. On ne voit plus une seule fane. En soulevant la terre avec la grelinette, nous en avons récolté plus d’un kilo avec, en prime, une limace avec sa petite robe noire.




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Lire aussi : Contre les limaces qui envahissent le jardin, un barrage des coquilles d’oeufs

Source : Christine Laurent pour Reporterre

Photo :
. chapô : une limace. Pixabay (CC0)
. autres : © Christine Laurent/Reporterre

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