Le livre de la génération Nuit debout

30 mars 2017 / Nuit debout



  • Présentation du livre par Gazette debout

C’est le livre de toute une génération. Celle qui a investi la place de la République au printemps 2016. Celle qui a voulu ré-enchanter la politique. Celle qui a lutté contre la loi Travail « et son monde ». #32Mars est un ouvrage collectif qui raconte la naissance de Nuit debout, qui s’inscrivait dans la filiation des Youtubeurs d’« On vaut mieux que ça » et revendiquait l’héritage espagnol des Indignés. Un ouvrage qui montre que cette génération — qu’on croyait désabusée — prend son destin en main pour s’affranchir des carcans politiques et jeter les bases d’un monde nouveau. Sur les places, elles et ils se sont émancipé.es, ont appris de nouvelles façons de faire de la politique, ont tourné le dos au défaitisme et à la morosité ambiante. « La force de Nuit debout est d’avoir redonné de la dignité à celles et ceux qui l’avaient perdue. »

Les premières pages décrivent le système capitaliste qui nous broie chaque jour un peu plus. Le « bourdonnement servile », les « renoncements non consentis », la schizophrénie dont nous faisons preuve au quotidien pour supporter la réalité. Il est question de finance débridée, d’écologie oubliée, de réfugiés dénigrés, d’inégalités grandissantes et de l’autisme des hommes politiques. Parce que la devise « diviser pour mieux régner » n’a jamais pris autant d’acuité que dans le système actuel, ce livre appelle à la réconciliation ; il faut retrouver la confiance envers autrui et arrêter de le considérer comme un ennemi. Combattre la peur qui nous paralyse, nous dresse les uns contre les autres et fait le jeu des extrêmes.

#32Mars est entièrement féminisé — une grande première —, et la question du féminisme largement présente tout au long du texte. De quoi lutter contre les diktats de la grammaire française, qui impose la supériorité du masculin via une règle apprise dès l’école primaire qui nous empêche de sortir de nos carcans.

Pour mener à bien sa « révolution », les militants de Nuit debout ont tiré profit des réseaux sociaux. « On ne va pas arriver à nos fins avec les outils du siècle dernier », clament les auteurs. Cet usage des outils numériques permet de dépasser le cercle des réseaux militants traditionnels, de toucher le plus grand nombre. Le militantisme à la papa en prend d’ailleurs pour son grade, avec son esthétisme qui « rappelle l’Union soviétique ». Les syndicats ne sont pas mieux traités, eux dont l’organisation « rigide » et les « querelles intestines » font perdre de vue l’objectif commun. Car pendant que certains s’étripent sur « la place d’une virgule » dans un manifeste politique, la « fachosphère » n’a pas attendu pour envahir la toile avec ses théories nauséabondes.

Mais s’ils restent parfois circonspects face aux anciennes méthodes de lutte, les auteurs ne les condamnent pas pour autant et appellent à mettre en œuvre le « fork ». « Si des divergences sur les moyens et les motivations idéologiques apparaissent et semblent insolubles, alors c’est le fork : le groupe se sépare en plusieurs entités distinctes qui ne cherchent pas à se convaincre ou à s’absorber mutuellement. Elles collaborent ponctuellement lors d’actions, de campagnes de communication, d’événements dont la visée les rassemble. »

Il faut se rassembler pour aller ensemble vers un but commun, pour dénoncer encore et toujours les rouages d’un système qui n’en finit plus de nous oppresser et proposer des alternatives. Car debout nous serons la tempête qui souffle sur le monde. Debout, nous serons indétrônables.

L.A

Les auteurs et autrices seront présents.es sur la place de la République pour l’anniversaire de Nuit debout le dimanche 2 avril.





Vous avez aimé cet article ? Soutenez Reporterre.
DOSSIER    Nuit debout

22 mai 2017
L’absurde retard de la France dans l’énergie solaire
Tribune
22 avril 2017
Les chercheurs défendent dans la rue la liberté de la science
Info
23 mai 2017
VIDEO - Sur le triangle de Gonesse, des plantes contre la menace du béton
Reportage


Vous avez aimé cet article ? Soutenez Reporterre

Dans les mêmes dossiers       Nuit debout