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Le ministère de l’Agriculture veut moins de sciences sociales dans la formation des agronomes

Le ministère a demandé aux écoles d’ingénieurs en agronomie de ne plus recruter d’enseignants-chercheurs en sociologie ou sciences politiques pour réduire la place des sciences sociales dans les formations.

Selon les informations du Monde, le ministère de l’Agriculture a demandé aux écoles d’ingénieurs en agronomie de ne plus recruter d’enseignants-chercheurs en sociologie ou sciences politiques pour réduire la place des sciences sociales dans les formations proposées.

Cette directive a été formulée en février par la direction générale de l’enseignement et de la recherche (DGER) — l’une des quatre directions du ministère de l’Agriculture — dans les lettres d’objectifs adressées à trois établissements au moins (AgroParisTech ; Institut Agro Dijon, Rennes-Angers et Montpellier ; VetAgro Sup).

D’après les documents qu’a pu consulter Le Monde, le ministère écrit : « Vous veillerez à ce que les profils de recrutement d’enseignants-chercheurs prévoient directement la participation [...] au renforcement de la souveraineté alimentaire et à l’adaptation de l’agriculture aux transitions climatiques, en renforçant les compétences dans les domaines agronomiques. » Le courrier ajoute : « Pour la sociologie ou les sciences politiques, vous privilégierez le partenariat avec des établissements extérieurs [instituts d’études politiques, facultés, écoles de commerce, etc.], seuls garants de disposer d’une diversité des écoles intellectuelles. »

Pour les sociologues et chercheurs en sciences humaines, c’est une attaque en règle. « Nos disciplines sont visées parce qu’elles sont mobilisées dans les situations de transition des pratiques agricoles, rendues nécessaires par des enjeux sanitaires et environnementaux, confie l’une d’entre eux au Monde. Lorsqu’il s’agit de changer de modèle ou d’évaluer les effets de politiques publiques, les agronomes s’appuient sur le travail des sociologues, car les dimensions humaines sont centrales. »

De là à y voir un élément du greenbacklash et de l’offensive générale contre l’agriculture biologique ou les alternatives écologiques, il n’y a qu’un pas.

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