Nucléaire : le prix de l’uranium flambe
Le cours de ce combustible a atteint son plus haut niveau depuis 2007. Une centaine de réacteurs nucléaires sont en projet ou en construction dans le monde. - © Mathieu Génon / Reporterre
Le cours de ce combustible a atteint son plus haut niveau depuis 2007. Une centaine de réacteurs nucléaires sont en projet ou en construction dans le monde. - © Mathieu Génon / Reporterre
Durée de lecture : 2 minutes
Le prix de l’uranium s’envole. Le cours de ce combustible a atteint 85,75 dollars (79 euros) la livre (environ 450 grammes) en décembre 2023, son plus haut niveau depuis 2007, a indiqué France info mardi 23 janvier. En cause, des difficultés d’approvisionnement et un intérêt international accru pour le nucléaire pour la transition énergétique.
Côté demande, une centaine de réacteurs nucléaires sont en projet ou en construction dans le monde : au Royaume-Uni, en France, en Égypte, en Chine… La Suède a ainsi abrogé une loi interdisant la construction de toute nouvelle centrale nucléaire. Lors de la COP28, une vingtaine de pays menés par la France ont ainsi appelé à tripler la capacité nucléaire dans le monde d’ici 2050. D’autres pays, comme la Belgique et les États-Unis, ont choisi de prolonger leurs réacteurs. La Suisse se prépare aussi à cette possibilité. Cet engouement est toutefois à relativiser : l’atome ne pesait que 9,2 % dans le mix électrique mondial en 2022, son plus bas niveau depuis quarante ans.
Problèmes au Niger, en Russie...
Quant à l’approvisionnement, il se fait plus incertain. Le Niger a connu un coup d’État l’été dernier, ce qui a obligé le groupe français Orano à stopper son usine d’uranium installée dans le pays. La Russie est devenue un partenaire commercial embarrassant depuis son invasion de l’Ukraine. Le Canada et le Kazakhstan, deux autres grands pays producteurs, rencontrent des problèmes d’extraction. Pour pallier ces difficultés, la France a annoncé un projet, déjà controversé, de nouvelle mine en Mongolie.
Cette hausse du cours est renforcée par les achats spéculatifs de certains investisseurs, selon France info. Elle n’est cependant pas responsable de la flambée des factures d’électricité, le combustible ne représentant que 5 à 10 % du coût de production de l’électricité nucléaire.