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En brefNucléaire

Le programme nucléaire français est « irréaliste », selon une analyse

La centrale nucléaire du Bugey à Saint-Vulbas, dans l'Ain.

L’objectif de la France de construire quatorze nouveaux réacteurs nucléaires d’ici 2050 est « irréaliste au vu des importants retards de construction et dépassements de coûts auxquels sont confrontés les nouveaux projets nucléaires », a jugé l’Institut pour l’économie de l’énergie et l’analyse financière (IEEFA) dans une analyse publiée le 18 avril. D’après ce centre de recherche étasunien, « le nucléaire doit continuer de jouer un rôle clé dans le secteur énergétique français, mais pas au détriment de la croissance des énergies renouvelables ».

D’après cette analyse, il serait plus raisonnable de tabler sur la construction de six EPR seulement d’ici 2050, « étant donné le délai nécessaire à la construction des réacteurs Flamanville 3 et Olkiluoto 3 ». En conséquence, l’IEEFA juge impossible le maintien à 50 % de la part du nucléaire dans le mix électrique. D’après ses calculs, il faudrait prolonger de vingt ans la durée de 13 des 56 réacteurs actuellement en service pour que le nucléaire représente 30 % du mix électrique en 2050, voire de 20 réacteurs pour atteindre les 40 %. Or, « actuellement, aucun accord n’a été conclu entre le gouvernement, l’Autorité de sûreté nucléaire et le fournisseur d’énergie EDF concernant un éventuel programme de rénovation en vue de prolonger la durée de vie des installations », rappelle l’IEFFA.

Emmanuel Macron a annoncé la construction de six nouveaux EPR et le lancement d’études pour huit EPR supplémentaires. La première paire, prévue à Penly (Seine-Maritime), est censée entrer en service en 2035 et 2037. En février, EDF a annoncé un an de retard dans les premières études de conception générale de ces nouveaux réacteurs. En mars, Les Échos révélaient un premier dérapage du coût du programme de six EPR, désormais évalué à 67,4 milliards d’euros au lieu des 51,7 milliards initialement prévus. D’après une étude de l’ONG Greenpeace publiée quelques jours plus tard, la facture pourrait même s’élever à plus de 100 milliards d’euros. Pour rappel, l’EPR de Flamanville, dont la mise en service devrait avoir lieu cet été, devrait coûter 19 milliards d’euros au terme d’un chantier de plus de dix-sept ans, au lieu de cinq ans de travaux et des 3,3 milliards d’euros initialement prévus.

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