Le saviez-vous ? Il y a moins d’avalanches en montagne… mais davantage en haute altitude
Un membre des secours après une avalanche dans une zone hors-piste du massif des Écrins, dans les Alpes françaises, le 29 janvier 2026. - © Jeff Pachoud / AFP
Un membre des secours après une avalanche dans une zone hors-piste du massif des Écrins, dans les Alpes françaises, le 29 janvier 2026. - © Jeff Pachoud / AFP
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Le nombre d’avalanches augmente en haute altitude avec le réchauffement climatique. Le lien avec les risques d’accident reste toutefois difficile à faire, tant ces derniers sont avant tout liés aux pratiques de la montagne.
Deux skieuses de randonnée sont mortes le 22 février dans une avalanche en Haute-Savoie. Un bilan lourd, portant à 30 le nombre de personnes ayant perdu la vie dans des avalanches en France depuis le début de la saison. Un chiffre pourtant « dans la moyenne », d’après Nicolas Eckert, chercheur à l’Institut des géosciences de l’environnement à Grenoble.
Pourtant, intuitivement, le réchauffement du climat va de pair avec une perte de neige et donc avec une baisse du nombre d’avalanches. Un raisonnement qui fonctionne en partie, explique Nicolas Eckert : « Globalement, il y a moins d’avalanches, car elles diminuent à basse altitude et en fin de saison, faute de neige et avec une fonte plus précoce. »
Pour les Alpes françaises, le nombre moyen d’avalanches par hiver a baissé de près de 20 % entre 1980 et 2010, selon les derniers chiffres publiés en 2025. Une tendance qui s’est maintenue. Dans les massifs de basse altitude comme le massif vosgien, la réduction est plus forte. En revanche, leur nombre a augmenté dans les zones au-dessus de 2 000 mètres.
1 % des avalanches cause des accidents
Si cette hausse peut sembler paradoxale, elle s’explique par l’augmentation des chutes de neige à haute altitude pendant les mois plus froids, résultat de la hausse des précipitations sous l’effet du changement climatique. Or, de la neige et une pente de plus de 30° sont les conditions d’une avalanche. À cela s’ajoute une plus grande variation des températures. « Cette variabilité entraîne une fluctuation d’événements de pluie et de neige qui peut également favoriser le déclenchement des avalanches », complète Nicolas Eckert.
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Est-il alors plus dangereux de faire des sports de haute montagne entre décembre et février ? Le lien entre changement climatique et risques d’accident est difficile à faire. « L’accidentologie reste avant tout liée aux pratiques de la montagne », souligne le scientifique, qui rappelle que les avalanches responsables d’accidents ne représentent que 1 % des avalanches et qu’elles sont pratiquement toujours déclenchées par des humains. Et les conseils restent les mêmes : connaître les conditions du jour dans les zones de forte pente et ne pas se surestimer !
Ces dernières années, le nombre de décès liés aux avalanches était plutôt bas, une vingtaine contre une trentaine en moyenne depuis trente ans.
Les paysages changent
Pour les aménageurs de la montagne en revanche, les choses bougent. Avec le réchauffement, les avalanches dites « sèches » se réduisent au profit des avalanches « humides ». Autrement dit, la neige contient plus d’eau sous forme liquide, ce qui entraîne des coulées plus lourdes et plus denses auxquelles les structures de protection actuelles ne résistent pas toujours.
Le réchauffement a aussi des conséquences indirectes sur les risques. Progressivement, la remontée de la limite des arbres, actuellement autour de 2 000 mètres, réduit ce risque puisque les forêts limitent le dévalement des coulées de neige. « La fonte des glaciers [par exemple avec la rupture de séracs] modifie également les conditions de déclenchement des avalanches, mais sur des zones relativement réduites par rapport à l’ensemble des massifs », ajoute Nicolas Eckert.
La diminution globale des avalanches va aussi changer progressivement les paysages. Les avalanches créent des couloirs où elles dévalent, faisant de ces zones des prairies où les arbres ne s’installent pas et qui sont propices à une biodiversité spécifique. Si ces trouées se ferment, certaines espèces herbacées disparaîtront au profit des forêts.