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ReportageSports

Les Alpes contre les JO d’hiver : « C’est encore possible de les arrêter ! »

Un manifestant le 6 janvier 2023 devant le Comité départemental olympique et sportif de la Savoie, à Chambéry, contre la tenue des JO d'hiver 2030.

Le 6 janvier, des rassemblements festifs ont eu lieu dans plusieurs villes des Alpes françaises contre les JO d’hiver 2030. Ces jeux peuvent être annulés « s’il y a une vraie contestation populaire », espèrent les manifestants.

Saint-Martin-d’Hères (Isère), reportage

Certains manifestants étaient en combinaisons de ski bariolées, d’autres recouverts d’une serviette de plage. « Si le réchauffement continue, il faudra plutôt être en maillot qu’à skis » plaisante Claire, 63 ans. Une cinquantaine de personnes se sont rendues, samedi 6 janvier, au « rassemblement festif » organisé à Grenoble — et dans d’autres villes alpines — pour protester contre l’organisation des Jeux olympiques d’hiver. Avec un mot d’ordre : « JO d’hiver 2030, ni ici, ni ailleurs ! »

L’appel a été lancé par le collectif « No JO » et relayé par Les Soulèvements de la Terre. Dans la métropole grenobloise, la manifestation n’a pas été déclarée et les personnes présentes n’ont donc pas eu l’autorisation des forces de l’ordre de descendre sur la chaussée. Le visage le plus souvent caché sous des masques de ski ou des lunettes, les manifestants se sont contentés de faire du bruit et de la musique aux abords d’un rond-point de la ville de Saint-Martin-d’Hères, à deux pas de la rocade qui contourne Grenoble.

Canons à neige

« On s’oppose à ces Jeux pour des raisons écologiques », résume Benoît. Certes, les deux régions organisatrices, Provence-Alpes-Côte d’Azur et Auvergne-Rhône-Alpes, assurent que ces Jeux seront plus sobres que les précédents en proposant la candidature de deux régions et non pas d’une seule ville. « Nous n’avons pas la même vision de l’écologie, dit Benoît. Nous préférerions que l’argent aille aux petites stations qui souffrent déjà, pour permettre leur transition, plutôt que vers les grands domaines qui vont utiliser l’argent pour faire encore plus de canons à neige. » Renaud Muselier, le président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, a estimé le budget de 1 à 1,5 milliard d’euros.

Une cinquantaine de personnes étaient présentes près du rond-point de Saint-Martin-d’Hères (Isère). © Martin Delacoux

La question de l’eau, indispensable au fonctionnement des canons à neige, inquiète aussi Francis, un futur médecin venu en rollers et bâtons de ski : « Ces investissements vont encore perturber le cycle de l’eau. Je ne sais pas s’il faut en finir avec les Jeux olympiques, c’est une source de joie pour beaucoup de monde. Mais ils ne peuvent pas consommer autant de ressources. » « Il faut qu’on accepte que le XXIe siècle marquera la fin du ski », observe Juliette, venue du Vercors, un massif de moyenne montagne où l’enneigement a été très faible l’hiver dernier.

Depuis la fin novembre 2023, la candidature française pour l’organisation des Jeux est la seule en lice. Les Alpes françaises sont donc bien parties pour organiser une nouvelle fois la compétition internationale, après Chamonix en 1924, Grenoble en 1968 et Albertville en 1992. « On croit toujours qu’il est possible d’arrêter ce projet », assure Benoît. « S’il y a une vraie contestation populaire, le Comité international olympique pourrait ne pas aimer. »

À Chambéry, entre 200 et 250 personnes se sont réunies. © Nadine Court - Déclic Militant

Les manifestants s’insurgent contre un manque de démocratie dans la décision d’organiser ces Jeux. Pour prouver que ce projet est massivement rejeté, le collectif No JO appelle à l’organisation d’un référendum à l’échelle des Alpes. « JO 2030 : référendum ! » était l’un des mots d’ordre à Chambéry, où près de 250 personnes se sont réunies et ont brandi des pancartes telles que « Les Alpes ne peuvent pas accueillir toute la richesse du monde ». Dans le département des Hautes-Alpes, une cinquantaine de personnes se sont par ailleurs réunies à Briançon et quatre-vingts personnes sur le rond-point de La Saulce, selon Mediapart.

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