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Les droits des victimes des essais nucléaires ne sont toujours pas reconnus

29 août 2012 / Moruroa e Tatou

L’Assemblée Générale de l’ONU, au cours de sa 64e session, a proclamé
le 29 août « Journée internationale contre les essais nucléaires  » afin
de sensibiliser le public aux effets des explosions nucléaires « et à la
nécessité d’y mettre fin, en tant que moyen parmi d’autres de parvenir à
l’objectif d’un monde sans armes nucléaires »
(résolution 63/45).

Depuis le 1er juillet 1945, date du premier essai atomique réalisé par
les États-Unis, suivi des tirs sur Hiroshima et Nagasaki les 6 et 9
août 1945, ce sont plus de 2 000 explosions nucléaires qui ont été
effectuées dans le monde.

Ces explosions ont provoqué de graves conséquences sanitaires et
environnementales autour de tous les anciens sites d’essais de la
planète. Les victimes - militaires et civils employés pour les essais
et peuples autochtones - ont de grandes difficultés à faire
reconnaître leurs droits à réparation.

La France a effectué 210 essais nucléaires, atmosphériques et
souterrains, du 13 février 1960 au 27 janvier 1996. Ces tests furent
d’abord réalisés en Algérie à Reggane et In Ekker de 1960 à 1966, puis
en Polynésie sur les atolls de Moruroa et Fangataufa de 1966 à 1996.

La situation demeure extrêmement préoccupante. L’impact environnemental est sous-estimé. Des centaines de tonnes de déchets radioactifs et de matériaux contaminés ont été laissés sur les sites ; du plutonium et d’autres radionucléides ont été dispersés sur des milliers de
kilomètres. En Polynésie, un effondrement de l’atoll de Moruroa pourrait
se produire, provoquant un tsunami menaçant les habitants de l’atoll
voisin de Tureia et une pollution radioactive sans précédent du milieu
océanique.

L’impact sanitaire est volontairement minimisé. La France a enfin
reconnu que ses essais nucléaires avaient fait des victimes, mais
celles-ci voient toujours leurs droits déniés. La « loi Morin » de 2010
a confié au ministère de la Défense le pouvoir de reconnaître et
d’indemniser les victimes. Cette loi, même modifiée par le récent décret
de mai 2012, impose des conditions très restrictives pour la
reconnaissance des droits des victimes. À ce jour, seules 5 d’entre
elles ont pu bénéficier d’une indemnisation. Les archives des essais
nucléaires restent inaccessibles aux associations de victimes, à leurs
avocats et aux experts indépendants.

En août 2011, face à l’indifférence des puissances nucléaires, de
nombreuses associations en France, en Algérie, au Japon, en Polynésie,
soutenues par les autorités des Églises de tous les États insulaires du
Pacifique, ont lancé un appel aux Nations Unies. Elles demandent une
réelle prise en charge des victimes d’essais nucléaires dans le monde et
la programmation d’une décennie (2012-2021) pour le nettoyage, la
réhabilitation et le développement soutenable des régions contaminées.

À l’occasion de cette 3e Journée internationale contre les essais
nucléaires, nous renouvelons cet appel et demandons aux parlementaires
et au gouvernement français d’oeuvrer sans attendre pour une véritable
réparation des conséquences sanitaires et environnementales.




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Lire aussi : Le ministère de la Défense reconnait les risques d’effondrement à Moruroa

Source : Moruroa e tatou

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