Victoire pour un lanceur d’alerte nucléaire : EDF condamnée pour harcèlement moral
Arnaud Bégin, ancien inspecteur de la sûreté nucléaire, à Saint-Denis, le 10 octobre 2023. - © Mathieu Génon / Reporterre
Arnaud Bégin, ancien inspecteur de la sûreté nucléaire, à Saint-Denis, le 10 octobre 2023. - © Mathieu Génon / Reporterre
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Bonne nouvelle pour le lanceur d’alerte nucléaire Arnaud Bégin. Le groupe EDF a été définitivement reconnu coupable de harcèlement moral envers cet ancien cadre de la centrale nucléaire de Chooz (Ardennes), après le rejet du pourvoi de l’entreprise par la Cour de cassation le 20 mai.
Reporterre avait enquêté sur cette affaire opposant EDF à Arnaud Bégin, salarié embauché en 1998 et ancien inspecteur de la sûreté nucléaire. Celui-ci dénonçait depuis plusieurs années des pressions, des changements de poste, des mises à l’écart et une dégradation de ses conditions de travail qu’il reliait à des rapports de sûreté rédigés sur les centrales nucléaires de Dampierre en 2017 et du Tricastin en 2015 et 2018. Pour rappel, cette dernière avait été placée sous surveillance renforcée par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) en 2017.
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D’ailleurs, l’ASN avait reconnu les faits signalés et avait saisi le procureur de la République en janvier 2021. En novembre 2021, Le Monde publiait les révélations d’un autre salarié surnommé « Hugo », qui affirmait avoir fait pression sur Arnaud Bégin « sur ordre de la direction ». En mai 2022, la justice ouvrait une instruction sur d’éventuelles irrégularités à Tricastin, à laquelle Arnaud Bégin s’est joint comme partie civile.
En novembre 2024, la cour d’appel de Reims avait condamné EDF pour harcèlement moral, estimant établis les faits dénoncés par l’ancien cadre. EDF avait alors saisi la Cour de cassation afin de contester cette décision, laquelle a jugé que le moyen invoqué par EDF n’était « manifestement pas de nature à entraîner la cassation », ce qui a rendu la condamnation définitive. EDF a également été condamnée à verser 3 000 euros à Arnaud Bégin au titre des frais de procédure.
Par ailleurs, en janvier dernier, le conseil de prud’hommes de Paris avait condamné EDF à verser 250 000 euros d’indemnités à l’ancien salarié. La juridiction avait jugé « infondée » sa mise à la retraite d’office en mars 2024 et requalifié celle-ci en « licenciement nul ». EDF a fait appel de cette décision.