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Covid-19

Les industriels peuvent changer la composition d’aliments sans obligation d’information

Confrontée à des difficultés d’approvisionnement, l’industrie agroalimentaire peut temporairement modifier ses recettes sans le préciser sur l’étiquette, s’est inquiété, vendredi 24 avril, l’ONG Foodwatch, qui appelle les autorités et les marques à plus de transparence.

« Foodwatch a découvert que des règles ont été très assouplies pour les fabricants. Au point qu’ils sont autorisés à produire des denrées dont la composition diffère de ce qui est indiqué sur l’étiquette. Alors, comment savoir ce que nous mangeons réellement ? », interpelle l’ONG dans un communiqué.

Contactés par l’AFP, les services de la répression des fraudes (DGCCRF) confirment appliquer « une tolérance ponctuelle » sur l’étiquetage des aliments du fait de la crise sanitaire.

« Dans ces circonstances exceptionnelles, au cas par cas », des produits peuvent être « formulés de façon légèrement différente qu’à l’accoutumée ou fabriqués dans un site de production différent du site habituel, sans que cela ne soit reflété avec exactitude sur leur étiquetage », détaille la DGCCRF.

« Les modifications d’étiquetage sont en effet impossibles à satisfaire dans un laps de temps aussi court et l’activité des fournisseurs d’emballages est elle-même affectée par la crise du Covid-19 », ajoute le service de l’État.

Il s’agit de tenir compte des difficultés d’approvisionnement en matières premières des industriels et de « l’impératif majeur d’assurer l’approvisionnement des supermarchés », a souligné auprès de l’AFP Loïc Tanguy, porte-parole de la DGCCRF.

Il devrait être bientôt possible de consulter la liste des produits concernés sur internet

« On ne va pas empêcher la mise sur le marché d’un produit parce qu’il y a une modification temporaire d’approvisionnement qui fait que la recette a un peu évolué », a-t-il poursuivi, citant l’exemple d’un ingrédient dont l’origine était mentionnée sur l’étiquette et qui vient temporairement d’ailleurs.

« On est sur des modifications mineures qui ne vont pas mettre en danger la sécurité des consommateurs », notamment allergiques, a-t-il insisté.

Les industriels doivent soumettre leurs changements à la DGCCRF qui dira « si une modification peut être tolérée ou non », a-t-il précisé.

Interpellée par Foodwatch, la DGCCRF prévoit de donner prochainement la possibilité de consulter la liste des produits concernés sur son site internet.

« Nous souhaitons maintenant que les distributeurs et les marques soient aussi transparents en diffusant largement l’information détaillée dans les rayons des magasins, sur leurs sites et réseaux sociaux », a commenté Camille Dorioz, de l’ONG.

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