Les océans du globe ont brutalement changé ces 60 dernières années, révèle une étude
Selon l'étude, 30 à 40 % des couches supérieures de l’océan présentent déjà des changements importants d’au moins deux propriétés essentielles (illustration). - © P-O. C. / Reporterre
Selon l'étude, 30 à 40 % des couches supérieures de l’océan présentent déjà des changements importants d’au moins deux propriétés essentielles (illustration). - © P-O. C. / Reporterre
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Au cours des soixante dernières années, environ un tiers de l’océan global a vu plusieurs de ses caractéristiques changer de manière brutale, révèle une étude publiée le 25 novembre dans la revue Nature Climate Change.
Les auteurs, issus de l’Institut de physique atmosphérique de l’Académie chinoise des sciences, de Mercator Ocean International et du Laboratoire de météorologie dynamique de l’École normale supérieure (ENS-PSL) se sont penchés sur quatre caractéristiques majeures de l’état de l’océan, et leur évolution au fil des années : la température, la salinité, l’oxygénation et l’acidification. Ils ont pour cela développé un outil de surveillance et d’évaluation de l’état de l’océan, combinant plusieurs variables océaniques.
Ils concluent que 30 à 40 % des couches supérieures de l’océan présentent déjà des changements importants d’au moins deux de ces quatre propriétés essentielles. Ces bouleversements sont observés jusqu’à 1 000 mètres de profondeur.
« Voir plusieurs propriétés évoluer en même temps est un signe alarmant »
« Même [celles] que l’on pensait stables réagissent rapidement », souligne le professeur Lijing Cheng (de l’Institut de physique atmosphérique de l’Académie chinoise des sciences) dans un communiqué.
« L’océan change plus vite et plus profondément que nous ne le pensions », ajoute le docteur Zhetao Tan (de l’ENS–PSL) dans un communiqué. « Voir plusieurs propriétés évoluer en même temps est un signe alarmant. »
Ces changements sont particulièrement prononcés dans l’Atlantique tropical et subtropical, le Pacifique Nord, la mer d’Arabie et la Méditerranée. « L’exposition simultanée à plusieurs facteurs de stress accroît la vulnérabilité des espèces, favorise les migrations forcées et peut conduire à une diminution des populations », explique Laurent Bopp, directeur de recherche en sciences du climat au Laboratoire de météorologie dynamique de l’Institut Pierre-Simon Laplace. Ces transformations pourraient également diminuer la capacité de l’océan à absorber la chaleur et le carbone, qui contribue à la régulation du climat terrestre.