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Quotidien

« Pelouses grillées » : le foot amateur hors-jeu

Le premier tour de Coupe de France se tient ces samedi 27 et dimanche 28 août. Un casse-tête pour de nombreux clubs qui ont vu leur pelouse gravement détériorée par la sécheresse.

Loin des pelouses toujours vertes des équipes de Ligue 1, qui bénéficient de dérogations pour arroser leurs terrains — comme les golfs, dont certains ont été sabotés cet été —, les clubs de football amateurs subissent de plein fouet la sécheresse qui touche la France cet été. Et l’inquiétude pointe chez les amateurs, alors que le premier tour de la Coupe de France se déroule samedi 27 et dimanche 28 août.

Pas moins de 221 matchs y sont programmés entre 355 équipes affiliées à la Fédération française de football jusqu’au dernier niveau amateur. Mais cette année, certaines pelouses sont tellement grillées et sèches que chaque tacle ou chute d’un joueur est susceptible de se transformer en vilaine blessure.

« On sait qu’il y a beaucoup de problèmes sur certains terrains à cause de la sécheresse. On a beaucoup d’échos de la part de mairies qui s’inquiètent », confie Denis Allard, président du district Haute-Savoie — Pays de Gex. Le département haut-savoyard a été placé en niveau crise sécheresse, le seuil maximal d’alerte, et il y est interdit d’arroser des terrains de football. « Il y a de l’amertume, car l’arrêté d’interdiction a été pris de façon uniforme alors que certains secteurs sont épargnés par le manque d’eau et ça fait enrager les clubs. L’addition va être lourde pour les municipalités, de nombreuses pelouses seront entièrement à refaire », poursuit Denis Allard.

« Le ballon rebondit n’importe comment »

Pour le premier tour de la Coupe de France en Haute-Savoie, le club de Champanges reçoit Annemasse ce samedi. Le match va se jouer, mais sur une pelouse très abîmée. « On n’a pas le droit d’arroser en temps normal, la mairie nous l’interdit, et donc encore moins cet été. La pelouse est très sèche. Dès qu’on fait un exercice technique à l’entraînement, le ballon rebondit n’importe comment », relate Éric Sannicolo, coprésident du club.

Partout en France, des clubs sont confrontés au même problème. Certains cherchent des solutions de repli pour pouvoir continuer à disputer des matchs. En Loire-Atlantique, le club de Saint-André-des-Eaux a eu le droit d’arroser sa pelouse la nuit pendant le mois de juillet. En août, un arrêté y a interdit l’arrosage. Mais une semaine de pluie a sauvé le gazon. Le club a donc continué à y jouer des matchs et a même accueilli d’autres équipes en souffrance. « On a reçu les femmes du FC Nantes qui devaient jouer un match amical contre Guingamp à Saint-Brévin. Mais ce terrain était complètement grillé, elles sont donc venues jouer chez nous », explique Christophe Bourse, le président du club de Saint-André-des-Eaux.

Les terrains synthétiques plébiscités

L’enjeu autour des pelouses abîmées par le manque d’eau dépasse largement la tenue des prochains matchs de Coupe de France. Pour préserver au maximum le terrain de leur équipe première, de nombreux clubs vont devoir réduire ou annuler les entraînements des plus jeunes. « Les pelouses complètement grillées ne pourront pas être utilisées avant plusieurs mois et ça va être un problème pour les enfants qui ne pourront pas jouer », alerte Denis Allard.

Certains clubs bénéficient toutefois d’un allié de circonstance : les terrains en pelouse synthétique. Pensées pour éviter la dégradation des terrains l’hiver, elles sont cet été une précieuse solution de repli. Dans le district Haute-Savoie — Pays de Gex, environ 40 % des terrains sont en synthétique, dit Denis Allard : « Quand on faisait la promotion de ces terrains, c’était par rapport aux conditions climatiques défavorables de l’hiver chez nous. On ne pensait pas que les synthétiques allaient un jour nous sauver de la sécheresse ».

Tout le monde amateur veut donc jouer sur ces terrains. Pour recevoir Annemasse dans de bonnes conditions en Coupe de France, le club de Champanges espérait jouer sur le synthétique d’un club voisin, mais celui-ci est déjà pris. À Saint-André-des-Eaux, la mairie a poussé le club à utiliser le synthétique plus qu’à l’habitude pour éviter de détériorer les pelouses naturelles en cette fin d’été.

Reste que les gazons synthétiques ne sont pas tant écologiques que ça. Les pneus broyés, qui constituent les granulés de ces terrains, polluent par exemple une grande partie des océans. En ce qui concerne la santé, ils seraient aussi nocifs, comme le suggèrent les substances toxiques qu’on y retrouve.

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