Piste de ski en plastique : le projet abandonné dans les Pyrénées
Un projet similaire de 162 mètres a été mis en place à la station La Foux d'Allos, dans les Alpes-de-Haute-Provence. - © Thibaut Durand / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Un projet similaire de 162 mètres a été mis en place à la station La Foux d'Allos, dans les Alpes-de-Haute-Provence. - © Thibaut Durand / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
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La station d’Artouste, dans les Pyrénées, a renoncé à sa piste de ski artificielle. Les élus écologistes dénonçaient ce projet visant à maintenir le ski à tout prix alors que la neige se raréfie.
Bayonne (Pyrénées-Atlantiques), correspondance
Elle avait été érigée en symbole de l’absurdité de la glisse à tout prix et de la transformation des montagnes en parc d’attractions : la piste de ski artificielle de la station d’Artouste (Pyrénées-Atlantiques), en vallée d’Ossau, a été abandonnée. L’information a été rendue publique par le média local Ici, le 2 janvier.
La piste devait permettre aux skieurs de glisser même en plein cœur de l’été sur du plastique, comme Reporterre le raconte dans sa bande dessinée Le Mal des montagnes. Jean-François Blanco, conseiller régional Nouvelle-Aquitaine et membre du parti Les Écologistes, qui avait combattu le projet, se réjouit d’« une bonne nouvelle pour démarrer l’année ».
Pourquoi ce revirement ? « Ce projet était d’actualité il y a quelques années, mais il ne correspond plus aux axes que nous souhaitons développer », estime Jean-Christophe Lalanne, directeur de la station d’Artouste. La station de montagne située sur la commune de Laruns a fait son bilan carbone. « Nous nous sommes rendu compte que nous devions acheter une machine de damage en caoutchouc exprès pour cette piste, poursuit Jean-Christophe Lalanne. Cela mettait en péril notre trajectoire de décarbonation. » À l’inverse, Artouste s’est récemment délestée d’une dameuse.
Une subvention annulée
Les élus écologistes de la région Nouvelle-Aquitaine avaient tiré la sonnette d’alarme lorsqu’au printemps 2024 la Région avait été sollicitée pour subventionner le projet à hauteur de 76 000 euros. La subvention, qui avait été votée par les conseillers régionaux, est désormais de facto annulée, puisque le projet ne verra pas le jour. Son coût total atteignait 372 000 euros et il avait été envisagé de faire appel au soutien financier du Département ou encore de France Relance.
S’il se réjouit de cette victoire, Jean-François Blanco voit au-delà de ce cas symbolique et alerte sur « le modèle économique des stations de ski qui est condamné à moyen terme dans les Pyrénées. Il faut trouver un autre chemin et sortir de ce modèle qui mobilise énormément d’argent public ». Situées à moyenne altitude dans un massif pyrénéen qui se réchauffe plus vite que la moyenne en France, les stations des Pyrénées-Atlantiques sont vulnérables face à la raréfaction du manteau neigeux.
Vers un modèle quatre saisons ?
Du côté d’Artouste, le directeur assure chercher depuis plusieurs années à se diversifier vers un tourisme quatre saisons en s’appuyant sur d’autres activités. Dans ce domaine, la station bénéficie d’un avantage de taille : son emblématique petit train touristique.
Jean-Christophe Lalanne estime que 80 % du chiffre d’affaires d’Artouste repose sur les rails du train. « L’activité ski constitue 7 à 8 % du chiffre d’affaires et uniquement sur de la neige naturelle. Les 12 à 13 % restants sont des activités complémentaires que nous avons développées [VTT, visites de canyon, espaces avec spa, etc.]. » Plusieurs autres stations du département, beaucoup plus dépendantes de la glisse, ont fait le choix de la course à l’armement au canon à neige.
Jean-François Blanco perçoit néanmoins « un début de réflexion » dans le débat public. Reste que, pour lui, les espaces de montagne ne doivent pas être artificialisés pour devenir des terrains de jeu. « Aujourd’hui, ce qui est important, c’est la préservation du pastoralisme, des milieux naturels, sauvages et des paysages remarquables. C’est là que se joue le véritable attrait de la montagne. »