Plainte de Greenpeace à Bruxelles sur la recapitalisation d’EDF
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Greenpeace a annoncé mercredi 17 mai avoir porté plainte contre l’État français auprès de la Commission européenne pour sa participation à la recapitalisation de l’électricien public EDF, qui relève d’une aide d’État illégale selon l’association de défense de l’environnement.
« La plainte de Greenpeace vise à dénoncer l’incompatibilité des augmentations de capital d’EDF avec les règles européennes relatives à la concurrence », indique l’ONG dans un communiqué. EDF avait bouclé avec succès, en mars, une augmentation de capital de 4 milliards d’euros, dont 3 milliards souscrits par l’État français, son principal actionnaire (83,10 %). L’actionnaire public s’est également engagé à percevoir ses dividendes en actions plutôt qu’en numéraire durant trois ans (2015, 2016 et 2017), « ce qui représente à ce jour un montant de 3,8 milliards d’euros accordés à EDF », dénonce Greenpeace. « L’État français a donc transfusé 6,8 milliards d’euros à EDF, sans aucune garantie d’assainissement des finances de l’entreprise en contrepartie », ajoute l’ONG.
Fortement endetté, EDF avait décidé en avril 2016 d’en appeler au marché pour pouvoir faire face à l’effet conjugué de la faiblesse des prix de gros de l’électricité et à un mur d’investissements à venir, comme la maintenance lourde du parc nucléaire français (appelée « grand carénage »), le rachat de la division réacteurs d’Areva ou le projet de construction de deux réacteurs nucléaires EPR à Hinkley Point, en Angleterre. Selon Greenpeace, ces mesures d’aide avaient toutefois pour principal objet de « faciliter le financement » par le groupe de son projet jugé risqué d’Hinkley Point, d’un montant total de 18 milliards de livres (environ 21 milliards d’euros).
- Source : Ouest-France