Pour le Giec, le meilleur moyen de limiter le réchauffement à 1,5 °C est de réduire fortement les émissions

1er octobre 2018

Réunis en Corée du Sud, les délégués des États de l’ONU se penchent à partir de ce lundi 1er octobre sur le dernier rapport des scientifiques du Groupe des experts du climat (Giec). Ils doivent l’adopter à la fin de cette semaine.

Soumis à leur approbation, le texte — dont on connait la version provisoire —, fondé sur 6.000 études scientifiques, met en garde contre des effets forts à 1,5 °C de réchauffement par rapport à l’ère pré-industrielle, et liste les options, désormais limitées, pour agir si le monde veut rester sous ce seuil.

Le rapport de 400 pages décrit une nette différence d’impacts entre 1,5 et 2 °C. Les risques se trouvent réduits à + 1,5 °C, par rapport à + 2 °C, qu’il s’agisse du nombre d’événements extrêmes, de vagues de chaleur dans le monde entier, de précipitations diluviennes prévues dans la plupart des régions, de feux de forêts, d’invasions ou d’extinctions d’espèces, de productivité des océans, de rendement agricole global, ou encore de perte plus limitée du pergélisol, les sols gelés des hautes latitudes. À l’inverse, se rapprocher d’un réchauffement de + 2 °C aurait des impacts irréversibles sur certaines espèces (plantes et vertébrés).

Pour autant, stopper le mercure à 1,5 °C d’ici 2100 pourrait ne pas suffire à stopper la déstabilisation des calottes glaciaires de l’Antarctique et du Groenland, promesses de montée des mers importante dans les siècles à venir.

Par ailleurs, si les émissions de GES (gaz à effet de serre) générées par l’homme gardent leur rythme actuel, le réchauffement terrestre moyen dépassera + 1,5 °C d’ici environ 2040.

Stabiliser le réchauffement à 1,5 °C exige d’arriver à une neutralité en émissions de CO2 au milieu du siècle : ne plus émettre dans l’atmosphère plus que ce que nous sommes capables d’en retirer. Tout en réduisant les autres GES, notamment le très réchauffant méthane. Et les chances de succès sont accrues si cela se fait d’ici à 2030.

Alors comment faire ? La plupart des scénarios étudiés par les experts pour rester à + 1,5 °C, incluent des procédures d’absorption du CO2 (par les sols et forêts notamment). Mais en l’état actuel des connaissances, le captage et le stockage de CO2 à très grande échelle n’est pas maîtrisé par les industriels. Le plus sûr reste une réduction très rapide des émissions, notent les experts.

  • Source  : Romandie.
  • Photo : Taux (en moyenne annuelle) de méthane dans la haute troposphère (à une pression moyenne de 359 hPa), en 2011. Wikipedia (Giorgiogp2/CC BY-SA 3.0)



Vous avez aimé cet article ? Soutenez Reporterre.

Lire aussi : Le Giec étudie les effets d’un réchauffement planétaire de 1,5 °C



19 avril 2019
Notre-Dame, site désormais pollué par le plomb ?
Lire sur reporterre.net
19 avril 2019
Un recours au Conseil d’État demande l’interdiction des grenades GLI-F4
Lire sur reporterre.net
18 avril 2019
Le dioxyde de titane, alias E171, sera interdit en janvier 2020
Lire sur reporterre.net
17 avril 2019
La société Arkolia confirme son projet de méga centrale solaire sur le Larzac
Lire sur reporterre.net
17 avril 2019
Un nouvel observatoire pour évaluer l’action des députés européens
Lire sur reporterre.net
17 avril 2019
Blocages à Londres : Extinction Rebellion réclame un « état d’urgence climatique »
Lire sur reporterre.net
16 avril 2019
Plus de 200 perturbateurs endocriniens retrouvés dans nos eaux de surface
Lire sur reporterre.net
15 avril 2019
L’exportation du lait européen en Afrique est nuisible, alerte un collectif d’ONG
Lire sur reporterre.net
15 avril 2019
Le glyphosate interdit au Vietnam
Lire sur reporterre.net
15 avril 2019
La manifestation pour la liberté de manifester brutalement empêchée à Toulouse
Lire sur reporterre.net
13 avril 2019
Appel à manifester pour les libertés samedi 13 avril
Lire sur reporterre.net
10 avril 2019
La fonte des glaciers fait monter le niveau de la mer à un rythme de plus en plus rapide
Lire sur reporterre.net
9 avril 2019
Le tribunal suspend les travaux de la déviation de Beynac, en Dordogne
Lire sur reporterre.net
9 avril 2019
La période d’avril 2018 à mars 2019 est la plus chaude jamais enregistrée en Europe et à l’échelle mondiale
Lire sur reporterre.net
8 avril 2019
Grenouilles et crapauds menacés d’extinction à cause d’un champignon
Lire sur reporterre.net




THEMATIQUE    Climat
6 avril 2019
Les photojournalistes sont victimes, eux aussi, des violences policières
Enquête
22 avril 2019
Le journaliste Gaspard Glanz enfin libre, mais empêché de travailler à Paris
Info
23 avril 2019
Rénovation énergétique des bâtiments : l’inquiétant retard français
Tribune


Vous avez aimé cet article ? Soutenez Reporterre

Sur les mêmes thèmes       Climat