Prenez moins l’avion : le surprenant conseil du PDG d’Aéroports de Paris

Un avion, illustration. - Flickr /CC BY-SA 2.0 / Dolors Nadal
Un avion, illustration. - Flickr /CC BY-SA 2.0 / Dolors Nadal
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« Si, demain matin, le trafic aérien devait décroître, ce ne serait pas une tragédie existentielle pour nous. » Cette phrase prononcée par Augustin de Romanet sur BFM-TV le 19 septembre peut surprendre.
Le président du groupe Aéroports de Paris (ADP) qui se félicitait encore au début du mois d’août du « trafic record » enregistré à Orly (Val-de-Marne), invite désormais les citoyens à « être aussi raisonnables que possible ».
Augustin de Romanet a reconnu qu’une « période de transition » d’une durée de 20 à 30 ans allait être nécessaire avant d’avoir des avions propulsés à « l’électricité verte », à l’hydrogène, ou au moyen de « carburants durables ». Tant que le transport aérien ne sera pas « décarboné », il faudra donc « accepter une certaine modération dans les pays qui ont déjà profité de la croissance du transport aérien », a-t-il poursuivi, sous les yeux ébahis de la journaliste de BFM.
Le PDG admet que « l’avion vert » ne sera pas prêt en 2035
Il est rare qu’un acteur aussi puissant du secteur admette que « l’avion vert » ne sera pas prêt en 2035 – ce que prétend pourtant Emmanuel Macron lui-même. Cette prise de position inhabituelle a donc été saluée par certains, comme le collectif Non au terminal T4, qui lutte contre l’extension de l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle (Val-d’Oise).
Mais ses membres rappellent qu’« il y a une dizaine de projets d’extension d’aéroports à Nice, Marseille, Lille, Montpellier, etc. qui feraient augmenter nos émissions, alors qu’il faut les diviser par deux d’ici 2030 ». À voir si Augustin de Romanet ira plus loin à l’avenir, en prenant position sur ces projets, et en plaidant pour une régulation globale du secteur, ou s’il restera cantonné à la responsabilisation individuelle des voyageurs.