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En brefNucléaire

Près de 10 millions de Français boivent une eau contaminée par un produit radioactif

Les communes à proximité de cours d’eau dans lesquels une ou plusieurs centrales nucléaires rejettent des effluents radioactifs sont les plus concernées.

Les résultats étaient déjà disponibles, mais cachés sur un site du gouvernement peu lisible. La Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (Criirad) a donc rendu publiques, lundi 9 décembre, de façon plus claire, les données officielles sur la présence de tritium dans les eaux potables. Le tritium est le principal produit radioactif rejeté dans l’environnement par l’industrie nucléaire.

« Les secteurs les plus impactés comptent 663 communes et 9,6 millions d’habitants : le tritium y est détecté à au moins deux reprises, et l’activité maximale atteint ou dépasse 10 becquerels [l’unité qui mesure l’activité de la matière radioactive] par litre, valeur au moins cinq fois supérieure au bruit de fond, écrit la Criirad dans un communiqué. En élargissant à la totalité des résultats pour lesquels le tritium est détecté, ce sont 2 392 communes comptant 16,6 millions d’habitantes qui sont concernées. »

Pas de données pour des milliers de communes

La Criirad note que le tritium est surtout mesuré dans des agglomérations situées le long ou à proximité de cours d’eau dans lesquels une ou plusieurs centrales nucléaires rejettent des effluents radioactifs. Autre cas de figure : du tritium est détecté en Côte-d’Or, département où se trouve le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) de Valduc, lieu de fabrication des armes thermonucléaires. Mais d’autres communes présentent également une contamination « dont l’origine reste à déterminer », indique la Criirad.

La commission déplore que la base officielle des données ne comporte aucun résultat pour plusieurs milliers de communes. « Il est nécessaire de documenter toutes les communes alimentées par de l’eau potable contaminée par le tritium, insiste-t-elle. Il est plus que temps de revoir les normes en vigueur qui ne sont pas assez protectrices, d’autant plus que les rejets dans l’environnement vont augmenter avec la construction de nouveaux réacteurs nucléaires. »

« Contrairement à l’idée répandue que le tritium est une source relativement anodine d’irradiation, la grande majorité des études indiquent que l’exposition, en particulier interne [c’est à-dire depuis l’intérieur du corps] peut avoir des conséquences biologiques, en abîmant l’ADN, en causant des dégâts physiologiques et du développement, en réduisant la fertilité et la longévité, et en élevant le risque de maladies, y compris de cancers », précisent Timothy Mousseau et Sarah A. Todd, chercheurs à l’université de Caroline du Sud, dans une étude, citée par Mediapart.

La carte plus précise est à retrouver ici.

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