Réforme de la Constitution : le gouvernement affaiblit l’engagement écologique
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La ministre de la justice, Nicole Belloubet, a présenté, mercredi 28 août en conseil des ministres, les trois projets de loi (constitutionnelle, organique et ordinaire) réformant les institutions.
Parmi les modifications annoncées, l’article 1 de la Constitution pourrait désormais stipuler que « la République favorise toutes les actions en faveur du climat et de la biodiversité ». Cet ajout avait été souhaité par l’ex-ministre Nicolas Hulot et voté l’année dernière par l’Assemblée, lors de l’examen du premier projet de révision constitutionnelle.
Sur Twitter, le journaliste Pierre Januel a rappelé que l’article devait, à l’origine, indiquer que la République française « agit pour » toutes les actions en faveur du climat. Mais le Conseil d’État, saisi pour avis, a estimé que cette formulation « en aurait fait un principe d’action trop lourd », selon le décryptage de M. Januel.
Projet de loi constitutionnelle. Suite à l'avis du Conseil d'Etat, l'article 1er du projet gouvernemental indique que la France "favorise" la préservation de l’environnement et pas "agit pour".
Le terme "agir" en aurait fait un principe d'action trop lourd pic.twitter.com/RWfhiReMZa— Pierre Januel (@PJanuel) August 29, 2019
Le gouvernement a donc opté pour une formulation édulcorée, « favorise », dénoncée par l’avocat en droit de l’environnement Arnaud Gossement, toujours sur le réseau social : « Le Conseil d’État invite ici l’État à ne pas trop s’engager sur l’environnement et le gouvernement à préférer une phrase creuse à l’article 1er de la Constitution », a-t-il écrit, avant de conclure : « favorisera ou en faveur, ce n’est pas simplement du charabia juridique : ce n’est tout simplement pas français. Progrès pour le droit de l’environnement ? Aucun. »
- Source : Reporterre.