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En bref — Déchets

Stocamine : l’État confirme le confinement des déchets toxiques

Des militants de Destocamine enchaînés devant l'entrée du site à Wittelsheim, le 17 septembre 2021.

« Tout ce qu’on peut faire légalement pour faire avancer les travaux, on le fera. » C’est par ces mots que Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique, a confirmé mardi 23 novembre le souhait du gouvernement de confiner les 42 000 tonnes de déchets toxiques stockés sous la nappe phréatique de Wittelsheim (Haut-Rhin), dans la banlieue de Mulhouse.

Ces déchets, contaminés à l’arsenic, au cyanure ou encore à l’amiante, se trouvent dans une ancienne mine de potasse depuis 1999. Ils y ont été placés par une filiale de la société des Mines de potasse d’Alsace, détenue par l’État, pendant trois ans. En 2002, un incendie dans la mine (causé par des déchets entrés irrégulièrement) a fait cesser l’activité de l’entreprise. Depuis, presque tous les colis sont restés sous terre, alors que la gestion du site et son contenu présentent de nombreuses irrégularités.

Il existe un risque que ces déchets entrent un jour en contact avec la nappe phréatique rhénane, et contaminent la plus grande réserve souterraine d’eau potable en Europe. Des associations demandent donc un déstockage de ces colis. Mais le gouvernement estime qu’il est trop risqué pour les mineurs de sortir les déchets, la mine s’effondrant sur elle-même. En janvier 2021, Barbara Pompili avait prétendu qu’une contamination de la nappe phréatique serait comparable à « une goutte d’eau dans une piscine olympique ». D’où le projet de l’État de construire un sarcophage de béton pour sceller définitivement dans le sol ces déchets.

« Maintenir l’objectif » du confinement

Le 15 octobre, la cour d’appel administrative de Nancy (Meurthe-et-Moselle) a créé la surprise en suspendant les travaux de confinement. Le tribunal a estimé que la société des Mines de potasse d’Alsace ne présentait pas les garanties financières nécessaires pour réaliser le chantier. Qu’à cela ne tienne, le gouvernement a donc décidé de passer en force en présentant un amendement au projet de loi de Finances pour 2022. Celui-ci accorde une garantie d’État à la société, d’un montant de 160 millions d’euros, et confirme l’autorisation du stockage de déchets « pour une durée illimitée ». L’Assemblée nationale a voté le projet de loi de Finances, en première lecture, le 16 novembre.

En déplacement à Strasbourg le 23 novembre, Barbara Pompili a persisté et signé. « Mon but est de maintenir l’objectif » du confinement, a-t-elle déclaré. Sans perdre davantage de temps : « Plus on attend, plus c’est dangereux pour les gens qui vont aller au fond pour gérer tous les travaux de confinement », a-t-elle ajouté. « Comme si la sécurité des travailleurs était importante pour l’État, ironisait en septembre sur Reporterre Jean-Pierre Hecht, ancien mineur et représentant du personnel de Stocamine. C’est absurde. On parle d’aller sur Mars, mais on ne peut même pas tenter de régler un problème à 500 mètres sous terre, pour préserver l’eau potable ? »

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