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En brefÉnergie

TotalEnergies relance son projet gazier au Mozambique malgré les violences passées

TotalEnergies est par ailleurs visé par une plainte pour complicité de crimes de guerre au Mozambique.

Le 29 janvier, le gouvernement du Mozambique et TotalEnergies ont annoncé la relance du projet gazier Mozambique LNG, suspendu en 2021 après une attaque djihadiste meurtrière à Palma, près du site.

TotalEnergies, opérateur et principal actionnaire à 26,5 %, mène un investissement de 20 milliards de dollars pour exploiter d’importantes réserves de gaz découvertes il y a une quinzaine d’années au large du Cabo Delgado. Le projet prévoit deux unités de liquéfaction, d’une capacité totale de 13 millions de tonnes de GNL par an, avec des premières cargaisons attendues en 2029.

Depuis 2017, la région connaît des violences régulières. Des militaires rwandais y ont été déployés et leur présence prolongée fin août 2025 par un accord entre Maputo et Kigali. Ces violences ont conduit à des procédures judiciaires contre TotalEnergies : en France, le groupe fait l’objet d’une information judiciaire pour homicide involontaire et non-assistance à personne en danger, ainsi que d’une plainte déposée en novembre pour complicité de crimes de guerre, torture et disparitions forcées. Il est en effet accusé d’avoir soutenu les forces armées mozambicaines responsables de violences contre des civils.

« Comme si les morts, les disparus, les déplacés n’existaient pas »

« Annoncer la relance de Mozambique LNG aujourd’hui, c’est faire le choix cynique de faire comme si les morts, les disparus, les déplacés n’existaient pas. C’est décider délibérément d’ignorer l’insécurité persistante, les souffrances des communautés locales, et les procédures judiciaires en cours, s’est indignée Lorette Philippot, responsable de campagne aux Amis de la Terre France. Total persiste à vouloir imposer quoi qu’il en coûte ce projet, quitte à en faire payer le lourd prix aux Mozambicains. »

Début décembre, les gouvernements britannique et néerlandais ont retiré leur soutien financier, représentant environ 10 % du financement externe, en invoquant les risques pour la sécurité et les droits humains.

Les associations Amis de la Terre et Reclaim Finance ont appelé les banques françaises Société générale et Crédit agricole à se désolidariser du projet. « Près de 30 autres institutions financières — dont les banques Crédit agricole et Société générale — avaient participé au financement du projet en 2020. Si elles maintenaient leur soutien au projet, elles exposeraient leur responsabilité quant aux accusations de violations de droits humains et aux risques persistants pour les populations, dont elles sont parfaitement informées, a dénoncé Antoine Bouhey, coordinateur de la campagne Defund TotalEnergies. Elles doivent se ressaisir immédiatement et se désolidariser d’une relance insensée. »

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