TotalEnergies visé par une plainte pour complicité de crimes de guerre au Mozambique
Une plainte visant TotalEnergies pour « complicité de crimes de guerre, torture et disparitions forcées » a été déposée le 18 novembre 2025. - © P-O. C. / Reporterre
Une plainte visant TotalEnergies pour « complicité de crimes de guerre, torture et disparitions forcées » a été déposée le 18 novembre 2025. - © P-O. C. / Reporterre
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Une plainte visant TotalEnergies pour « complicité de crimes de guerre, torture et disparitions forcées » a été déposée à Paris auprès du Parquet national antiterroriste, a annoncé l’ONG allemande European Center for Constitutional and Human Rights (ECCHR) le 18 novembre.
La plainte concerne le site du projet gazier Mozambique LNG, où TotalEnergies, premier actionnaire à 26,5 %, aurait financé et soutenu matériellement la Joint Task Force (JTF) de l’armée mozambicaine entre juillet et septembre 2021. « Il apparaît impensable que TotalEnergies puisse opposer son ignorance des crimes de l’armée mozambicaine [...] dès lors que la société les rapporte elle-même dans plusieurs documents internes », affirme Clara Gonzales, directrice du programme entreprises et droits humains à l’ECCHR.
Le site avait été mis à l’arrêt après l’attaque jihadiste de mars-avril 2021 à Palma, et laissé sous la garde de la JTF dans le cadre d’un accord signé avec la filiale locale, rompu en octobre 2023. Politico avait révélé en septembre 2024 que des habitants accusés de soutenir les jihadistes avaient été enfermés dans des conteneurs, battus et torturés pendant trois mois. Seuls 26 sur 180 à 250 hommes auraient survécu. TotalEnergies conteste ces accusations mais les documents internes cités par Le Monde et SourceMaterial en novembre 2024 indiquent que le groupe aurait été informé dès avril 2021.
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L’ONG souligne que TotalEnergies a continué à soutenir la JTF en fournissant « logements, nourriture, matériel et primes [...] conditionnées au respect des droits humains ». Elle s’appuie sur de « nouveaux documents » obtenus auprès des autorités néerlandaises relatifs à des risques d’atteintes aux droits humains dès mai 2020. Le projet de Mozambique LNG pourrait être relancé à partir de 2029, sous réserve d’une compensation de 4,5 milliards de dollars pour le retard.