Un million d’emplois par l’écologie : le mouvement est lancé à Cluny

Durée de lecture : 4 minutes

23 mai 2013 / Festival de la Transition

Une politique écologique de relocalisation des activités alimentaires et énergétiques permettrait de créer un million d’emplois. Onze mouvements s’unissent à Cluny le 25 mai pour projeter la lumière sur cette voie d’espoir.


1 000 000 D’EMPLOIS POUR LA TRANSITION

Alors que les gouvernements successifs promettent les uns après les autres d’inverser la courbe du chômage, sans jamais y parvenir, une véritable transition vers un modèle écologique et social permettrait de créer un million d’emplois non délocalisables et utiles à l’ensemble de la société.

Onze mouvements citoyens, moteurs de l’économie sociale et solidaire chacun dans son domaine (agriculture, éducation, énergie, finance, économie, bien-être social, insertion, démocratie, accompagnement du changement…), se regroupent au sein du Collectif pour une Transition Citoyenne pour amplifier cette transition écologique sociale et humaine et lui donner la puissance nécessaire à un profond changement de société.

L’étude d’impact sur l’emploi réalisée par un membre du CNRS sur le scénario NégaWatt 2006 réalisée en 2011, fait apparaître un solde positif création/destruction de 632 000 emplois lié à la transition énergétique actualisation 2013.

De son côté, Terre de Liens Normandie a mis au point un « convertisseur alimentaire » permettant d’évaluer l’impact d’une relocalisation des achats alimentaires en terme d’emploi. Le solde positif s’élève à 600 000.

Chiffres confirmés par plusieurs études menées aux Etats-Unis sur le « coefficient multiplicateur » de l’achat local (notamment celle publiée dans la Harvard Business Review). Acheter dans un commerce local indépendant permet de créer trois fois plus d’emplois et de faire circuler trois fois plus de richesses sur les territoires.

La relocalisation d’un grand nombre d’activités économiques permettrait, outre son impact social et écologique, un véritable boom pour l’emploi, comme cet exemple de l’agriculture l’illustre.

Pas une utopie : une réalité

La préoccupation majeure des Français dans toutes les études d’opinion reste l’emploi. Ces premiers chiffres montrent que, loin d’être utopique, une puissante transition de nos sociétés répondrait non seulement aux impératifs écologiques très graves auxquels nous devons faire face, et serait en plus susceptible d’être très efficace pour créer des emplois.

Ce nouveau collectif pour une Transition Citoyenne est porté par Attac, le Mouvement interrégional des AMAP, le réseau Biocoop (premier distributeur bio en France), le réseau Cocagne (jardins maraichers biologiques à vocation d’insertion sociale et professionnelle), la CFé (coopérative de finance éthique), le mouvement Colibris, Enercoop (fournisseur d’électricité verte), Énergie Partagée (projets citoyens d’énergie renouvelables et de maîtrise de l’énergie), la Société Financière de la Nef (épargne et crédit bancaires éthiques), la foncière Terre de Liens (financement solidaire pour permettre l’installation de paysans et le développement d’une agriculture biologique), le Plan ESSE (Économie Sociale, Solidaire et Écologique), Villes et Territoires en transition (le réseau français du mouvement mondial Transition Network).

Ces mouvements citoyens d’économie sociale et solidaire témoignent à travers leurs expertises et leurs expériences de la construction d’une société nourrie par des valeurs de solidarité, de coopération, de respect des humains et des écosystèmes.

Des centaines de milliers de personnes construisent des alternatives au modèle actuel et réinventent chaque jour nos façons de produire, d’échanger, d’habiter, de nous déplacer, d’éduquer nos enfants.

Rassemblés autour d’une déclaration commune dévoilée le 25 mai 2013 en point d’orgue du Festival de la Transition (du 24 au 26 mai 2013 à Cluny), les membres du Collectif pour une Transition Citoyenne lancent un appel à amplifier ce mouvement citoyen et provoquer un sursaut en passant de plusieurs centaines de milliers de personnes impliquées à des millions.

En présence de deux grands témoins, Patrick Viveret et Pierre Rabhi, ils invitent celles et ceux qui partagent leurs convictions à s’engager concrètement dans la transition citoyenne en s’impliquant dans une ou plusieurs de leurs structures : changer de banque et placer son épargne là où elle sera utilisée de manière transparente comme un bien commun. Choisir un fournisseur coopératif d’électricité verte. Privilégier l’approvisionnement local et les circuits courts. Soutenir par ses achats et son épargne l’agriculture biologique, le commerce équitable et l’économie solidaire.

Faire de sa rue, de son quartier, de son hameau un Territoire en Transition, participer à la (R)évolution des Colibris : intégrer une coopérative d’habitants, participer à une recyclerie, à une crèche parentale, à un atelier de vélo solidaire, installer un compost dans son quartier, utiliser une monnaie alternative, etc.

Les membres du Collectif s’inscrivent dans la durée pour porter au sein des territoires et d’une voix unie, leurs valeurs partagées, créer des synergies entre les mouvements, renforcer la visibilité de leurs actions et les dynamiques locales. Dès cette année, le Collectif lance ses premières actions : une plateforme de communication pour mobiliser le grand public, un outil de collecte commun pour
financer la transition citoyenne, l’impulsion de coopérations entre citoyens à l’échelle locale, à partir de la convergence des groupes locaux des différents membres du Collectif, des groupes de travail pluridisciplinaires avec une vision transversale.



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Source : Festival de la Transition

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