Le quotidien du climat
OBJECTIF :
70 000 €
66875 € COLLECTÉS
96 %
Je fais un don

Une campagne novatrice est lancée contre la Société générale, qui soutient le projet d’un désastre écologique

6 mai 2014 / Camille Martin (Reporterre)

Le changement climatique s’accèlère. Mais des mines de charbon continuent à s’ouvrir. Avec le soutien des grandes banques, comme la Société générale. Bizi lance un mouvement original pour faire renoncer celle-ci à son investissement désastreux.


Jusqu’à quand va-t-on assister à la dégradation du climat sans rien faire ? Promettre un « engagement responsable » en continuant à brûler des combustibles fossiles sans inquiétude ? Parler « développement durable » en ouvrant de nouvelles mines de charbon ?

Alors que l’atmosphère de la planète vient de passer durablement au-dessus du seuil de 400 ppm de concentration de gaz carbonique, et qu’il faut diviser les émissions mondiales de gaz à effet de serre par TROIS, des projets d’ouverture de mines de charbon se préparent. Comme en Australie, avec le projet Alpha Coal.

Une banque française, la Société générale, y est particulièrement impliquée, en prêtant une partie des fonds nécessaires à l’ouverture de la mine. Si celle-ci parvenait à l’exploitation, elle serait à la source, durant sa durée d’opération, d’environ 1,8 milliards de tonnes de gaz carbonique. Soit un cinquième des émissions mondiales annuelles.

C’est ce constat qui a conduit l’association écologiste Bizi, basée à Bayonne et proche des Amis de la Terre à agir, pour que les mots coïncident avec les faits.

Depuis des mois, une campagne est lancée internationalement pour stopper le projet Alpha Coal. Jusqu’à présent, la Société générale a refusé de s’en retirer. Alors Bizi lance un ultimatum, en demandant aux citoyens de l’aider concrètement : si le 20 mai, jour de l’assemblée générale des actionnaires de la Société générale, celle-ci n’a pas annoncé son retrait d’Alpha Coal, un camion benne déversera les jours suivants 1,8 tonnes de charbon devant le siège régional de la banque, à Bayonne.

Pour mener à bien cette opération, Bizi a besoin de 3 800 €, qu’elle demande à toutes celles et à tous ceux qui se sentent concernés de participer, par le crowd-funding, le financement populaire.

Comment faire ? D’abord s’informer. Bizi présente ici sa démarche.

On peut aussi regarder la vidéo de la campagne :

- Retour à l’envoyeur -

Et puis participer financièrement, en allant ici

Vous voulez en savoir plus ? Vous avez raison

Le 23 avril 2014, Bizi a écrit au directeur régional de la Société générale, avec copie au président de la banque, Frédéric Oudéa. Dans cette lettre, l’association écologiste rappelait les effets du projet Alpha Coal, à laquelle participe la banque, et lui demandait de s’en retirer.

- la lettre de Bizi :

Le 2 mai, la banque a répondu à Bizi : « Nous tenons à réaffirmer que Société Générale s’attache au respect de l’environnement (…). Société Générale met en oeuvre des Principes Généraux Environnementaux et Sociaux et dans le projet Alpha, elle se conformera aux décisions de l’état de Queensland et de l’état Australien ». La banque fournit enfin le lien vers ses engagements de « finance responsable ».

- la réponse de la Société Générale :

Un point de vue qui ne peut satisfaire Bizi, qui a répondu le 6 mai, soulignant notamment que la banque ne peut se réfugier derrière l’Etat australien : celui-ci manifeste en effet son indifférence à la question climatique, et s’est même abstenu d’envoyer un ministre à la dernière conférence internationale à Varsovie, en novembre dernier. Rappelant la gravité de la situation du climat, Bizi demande « à nouveau à la Société Générale de se retirer immédiatement et publiquement du projet Alpha Coal ».

- la réponse de Bizi :

On ne peut qu’espérer que cet établissement financier suivra cette requête. Mais il est certain qu’une mobilisation importante, et la menace de se voir noircie par des tonnes de charbon, seront une aide puissante à la décision.



Puisque vous êtes ici…

… nous avons une faveur à vous demander. Il n’y a jamais eu autant de monde à lire Reporterre, mais nos revenus ne sont pourtant pas assurés.

Contrairement à une majorité de médias, nous n’affichons aucune publicité, et laissons tous nos articles en libre accès, afin qu’ils restent consultables par tous. Reporterre dépend en grande majorité des dons de ses lecteurs. Le journal, indépendant et à but non lucratif, compte une équipe de journalistes professionnels rémunérés, nécessaire à la production quotidienne d’un contenu de qualité. Nous le faisons car nous croyons que notre point de vue, celui de l’environnement et de l’écologie, compte — car il est aussi peut-être le vôtre.

Notre société a besoin d’un média qui traite des problématiques environnementales de façon objective, libre et indépendante, en restant accessible au plus grand nombre ; soutenir Reporterre est ma manière de contribuer à cette démarche. » Renan G.

Si toutes les personnes qui lisent et apprécient nos articles contribuent financièrement, la vie du journal sera pérennisée. Même pour 1 €, vous pouvez soutenir Reporterre — et cela ne prend qu’une minute. Merci.

Soutenir Reporterre



Vous avez aimé cet article ? Soutenez Reporterre.

Source : Camille Martin pour Reporterre.


Pour une information libre sur l’écologie, soutenez Reporterre :



Documents disponibles

  Sans titre   Sans titre   Sans titre
17 décembre 2018
Nous ne voulons pas que les robots remplacent les paysans
Tribune
15 décembre 2018
À Paris, les activistes du climat ont ciblé la Société générale, banque fossile
Reportage
17 décembre 2018
La COP24 sauve l’Accord de Paris, mais pas plus
Reportage


Vous avez aimé cet article ? Soutenez Reporterre



Du même auteur       Camille Martin (Reporterre)